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Trois heures, on ferme!

closedAlors voilà, comme je l’ai déjà dit à certains d’entres vous via Facebook, La Fêlée va prendre le large. Je demeure. La Fêlée s’en va. De toute façon, La Fêlée c’est une partie de moi, ce n’est pas tout moi mais une partie de moi. Ne me cherchez pas ailleurs sous le couvert d’un autre pseudonyme. J’ai une identitée que j’assume déjà sur le web, et je vais m’en tenir à celle là.

It’s been real, it’s been fun, it’s been real fun, comme on dit. Vous dire le plaisir que j’ai eu à être La Fêlée! Vous dire aussi combien parfois ça m’a été difficile de devoir garder l’anonymat. Combien de fois ais-je voulu cliquer sur Delete. Combien aussi j’ai appris sur les blogues et leur fonctionnement, leur capacité et leurs limites. J’en garderai un excellent souvenir, de nos échanges et de tout le plaisir que j’y ai pris, de la folie du Gala, des découvertes que vous m’y avez fait faire et des belles surprises que ça a amené dans ma vie.

J’ai souvent dû, pour un tas de raisons malgré l’anonymat et parfois surtout à cause de l’anonymat, garder pour moi mes plus belles réflexions, mes meilleures opinions. J’ai souvent par choix, gardé pour moi mes moins beaux moments, que même anonymement je ne pouvais me résoudre à bloguer. Ça ne changera pas. Il y a selon moi des choses qui se se bloguent pas, je continuerai donc de sélectionner ce que je raconte. Je prends l’anonymat au sérieux, les raisons qui la motivent sont propres à chacun.  Si ce débat anonyme vs non-anonyme pouvait être mis de côté… Le village global, la multiculturalité, la diversité, le non jugement, l’ouverture sur les autres… pourquoi ça devrait être pensé autrement dans le domaine de l’identité des blogueurs? Je vous laisse la questions…

Chez nous maintenant La Fêlée dans tout ce qu’elle signifiait au départ pour moi n’a plus de raison d’être. Même que la conserver me semble un peu tordu, tu peux comprendre ça. Je laisse ici ce blogue, parce que c’est quand même une partie de vie que j’ai aimé, que j’ai trouvé belle malgré tout et que je ne peux me résoudre à effacer d’un clic. Puis il y des trucs que je veux que La Puce puisse lire un jour, bientôt, j’ai même des brouillons pour elle, qu’elle sera sans doute la seule à lire. Sans compter les trucs que j’aurai besoin de relire parfois, peut-être souvent.

À vous tous que j’ai eu le privilège de connaître via ce blogue, MERCI. Vous avez été nombreux comme visiteurs à me motiver à écrire, à me motiver à terminer une réflexion avant de l’écrire, à m’aider à la terminer par vos réponses et parfois vos silences. Vous m’avez permis d’exprimer par écrit ce que j’arrive mal à verbaliser dans la vie de tous les jours. Vous m’avez permis de faire ressortir la folle en moi, que j’avais enterré il y a longtemps. Je l’aime la folle en moi, il est temps que je l’assume et que je la fusionne avec l’autre moi, celle qui est rationnelle, cartésienne et qui lit les petits caractères sur les contrats. Vos écrits ont souvent été source de réflexion pour moi, source d’inspiration aussi parfois. Vous m’avez fait rire, vous m’avez fait larmoyer, vous m’avez fait briser bien des idées préconçues, vous m’avez accompagnée, vous m’avez encouragée et supportée, vous m’avez été précieux et continuez de l’être, soyez certain de ça.

Au plaisir de vous lire encore.

E.

Un peu de musique

J’aime la vieille musique. J’aime les crooners et tout l’aura de mystère autour d’eux. J’aime la musique qui parle, celle qui vous rentre dans le ventre sans retenue, sans avertir non plus. J’aime la musique pour ce qu’elle me fait, c’est souvent même pas les paroles, c’est l’harmonie, l’ensemble, c’est ce que je vibre qui me dit que j’aime ça.

Celle là, je l’aime particulièrement.  Pour l’original, c’est par là. L’original est bien, c’est Ray Charles quand même, c’est sur ma liste des all time favorites, mais celle là, ce que m’sieur Hicks en a fait, c’est juste parfait pour moi. Dommage qu’encore une fois, il n’y ait pas d’autres tracks de lui qui me plaisent.

J’ai aucun talent pour la musique, je peine à pitonner Frere Jacques sur un piano malgré les cours que mes parents m’ont payé dans ma jeune jeunesse. Je chante comme … ben comme ça, enfin, je chante mal on sera d’accord là dessus. J’aime la musique. J’aime que les mots fasse de la musique à mes oreilles, j’aime que la musique me fasse dire les mots qui autrement restent muets.

Cette semaine mon Ipod a chauffé et moi j’ai chanté. Il est possible que certains de mes voisins (et ça fait beaucoup de possibilité ça) aient songé au suicide à force de m’entendre du matin au soir. J’ai chanté de l’amour, j’ai chanté de la rage aussi, pis un peu de nostalgie parfois. J’ai chanté. Ça me fait du bien, surtout quand il n’y a personne à côté de moi pour s’en plaindre. J’ai encore moins de retenue, et ça fait encore plus de bien.

Je crois que les organismes communautaires ont avantage à avoir pignon sur web. Pour être visible, accessible, trouvable. Pour la richesse de leur savoir aussi, pour le partager, pour qu’il soit utile à ceux qui croisent sa route. Pour offrir aussi, par le biais d’un commentaire, un peu de soutien, même discret, ou une fenêtre pour ventiler à quiconque en éprouve le besoin. Nous sommes plusieurs blogueurs à avoir la chance de voir passer dans nos commentaires Raymond Viger, rédacteur en chef du Journal de la rue, relié au Café Graffiti et donc à Reflet de société.aherossol_canette_argent_copie1

Raymond est selon moi un exemple d’ouverture de l’esprit communautaire. Il laisse des traces un peu partout, de sa pensée et de ce que l’organisme auquel il est affilié fait. Vous ne savez pas ce qu’ils font n’est-ce pas. Une convention internationale de graffiteurs (oui, des gens qui font des graffiti), ça vous plairait de voir ça? Ils ont besoin de bénévoles justement! Qui a dit que les organismes communautaires étaient plates et moralisateurs? Ils vous encouragent à faire des graffiti ceux-là, ça mérite un peu de support en retour!

Il y a plus. Si si. “Pour soutenir le Café-Graffiti et son intervention auprès des jeunes, Reflet de Société organise un événement-bénéfice. Une soirée originale avec l’Orchestre symphonique pop de Montréal (OSPM). Pourquoi Concerto en aHÉROSol? Concerto pour la musique symphonique. HÉROS parce que l’orchestre va interpréter des musiques de films de héros et de super-héros. aHÉROSol pour faire le lien avec les canettes aérosol. Pour rajouter une touche d’originalité (et un coefficient de difficultés), pendant que les 50 musiciens de l’OSPM s’exécuteront, une chorégraphie sera présentée avec des Breakdancers.”

Une date à bloquer à votre agenda: le 28 novembre 19:30 heures. Pour chaque billet acheté avant le 17 août vous recevrez un cadeau. Pourquoi vous offrir ce cadeau et les billets en pré-vente? Il ne faut pas se le cacher, c’est un événement de levée de fonds. Il y a des frais que l’on doit payer avant l’événement.

Alors voilà. Je suis loin, je ne peux m’impliquer physiquement comme bénévole. Je ne crois même pas pouvoir assister au concert, conflit d’agenda. Mais j’y crois à cette cause, et je fais ce billet dans l’espoir que quelques personnes se sentiront interpellées, auront envie de s’impliquer, de participer soit comme bénévoles et/ou comme spectateurs. Puis qui sait, si mon agenda se libère, peut-être nous croiserons nous là-bas le 28 novembre. Toute forme d’aide, toute implication compte. Ne pensez pas que la vôtre ne fera pas de différence.

On évite l’insomnie

J’ai 2 p’tites puces de 10 ans qui font du camping dans le salon cette nuit. La Puce a invité une copine pour la nuit, c’est long les vacances d’été quand on a 10 ans.

-Ma mère te l’a tu expliqué que des fois j’ai des “moments” que …ben que… je dors pas? Tsé?
-Heu… ta mère me l’a pas dit mais toi si je m’assois là et que tu me l’expliques dans tes mots, je suis certaine que je vais comprendre et qu’après tu vas te sentir un peu mieux.

S’ensuit la longue explication dans les mots d’une enfant de 10 ans pour me dire que le stress lui fait faire de l’insomnie. Inquiète de ses performances sportives, inquiète de la santé de sa soeur, inquiète de son p’tit chum qui semble vouloir la flusher, inquiète de savoir si sa mère va bien parce qu’elle dit toujours qu’elle a trop à faire, inquiète de ne pas se souvenir si elle a fermé la télé avant de partir tout à l’heure…

-C’est sûr si je dors toute seule dans l’autre chambre c’est pire en plus. Je pense que ça serait mieux que je dorme dans la même chambre que Puce.

Misère. Je tire des plans, je regarde l’espace plancher disponible dans la chambre de Puce. Est-ce que je peux y mettre un matelas? Mais non voyons, manque de place. Autre option; les faire dormir dans mon lit…nahhhhh pas question. Ok…think think… ah. Un matelas double de camping dans le salon, ça devrait faire. Shit, la pompe pour souffler le matelas…elle est ou hein??????

J’ai gonflé le st-crucifix sale de matelas queen avec une pompe a bécyk manuelle parce que j’ai jamais trouvé la pompe électrique ni même la 12V. Pis à chacun des simonac de coups de pompe que j’ai donné, j’ai sacré (dans ma tête quand même) parce que les 2 joualvert de pompes que je trouve pas peuvent pas être ben loin, on a pas fait de camping une fois encore cette année! Là, j’ai les biceps en feu. En feu je vous dis! Mais ça va dormir, personne va avoir d’insomnie. Entoucas pas moi. :)

Regrattage de bobo

Bion, on sort les kleenex, je fais dans le drame à matin. La solitude me pèse. J’ai un réseau social quasi nul – pas ceux qui sont dedans qui sont nuls, c’est que moi j’ai zéro compétences en tissage de liens. Je réalise cette semaine que la centaine d’amis Facebook, les contacts msn, les blogueurs, tout ça c’est bien amusant, nourrissant même, mais ça demeure quelque chose qui n’est pas concret. Je n’ai rien développé de concret en marge de ça. Ma faute à moi.

J’appelle qui quand je veux aller prendre un café? C’est loin Montréal pour aller prendre un putain de café. J’appelle qui quand j’ai le cafard? Ma mère? Nooooo way José! Ah ben oui, je vous entends, en couple on a pas à se plaindre de solitude. Hummm, parfois en couple c’est plus sain d’aller faire le boulet ailleurs, surtout si l’autre est déjà débordé. Cet ailleurs là, la plupart des gens l’ont. Pas moi, pour un tas de raisons incluant des déménagements fréquents et une incompétence relationnelle que j’ai choisi de ne pas améliorer et qui 90% du temps ne me pèse pas.

Je fais habituellement comme si j’en avais pas besoin d’amis. C’est réellement le cas la plupart du temps, je suis solitaire, le small talk me déplait, je n’aime pas la visite à l’improviste (téléphonez, même juste 5 minutes avant pour avertir!) je fais déjà de l’écoute bénévole alors j’ai pas besoin d’une amie qui a besoin d’être écoutée mais j’ai besoin parfois d’une amie pour m’écouter. Et c’est là que je bloque. Incapable de concevoir qu’une personne accepterait ce genre de relation à sens unique. Incapable de ne pas m’en sentir coupable quand ça pourrait arriver, je repousse.

Je ne réponds pas aux courriels gentils, je ne sais pas dire les mots gentils qui devraient être de mise dans ces cas là. Je ne sais pas trop recevoir les gentillesses. Ça me prend tout mon petit change pour arriver à écrire un Je t’aime comme tu es à une copine, de là à le dire en personne il y a un précipice qui me semble énorme à franchir. J’ai peur de déranger, on sait que les femmes de mon âge ont leurs enfants, boulot, conjoint et parents à s’occuper, je vois mal la place qu’une relation à presque sens unique pourrait prendre dans ça. Je vois mal comment ça ne pourrait pas être à sens unique, il me semble que j’ai peu à offrir amicalement, ou peu envie d’offrir. Non c’est pas beau, mais c’est honnête.:)

Bion, rangez vos kleenex. Finalement je suis pas triste, mais fâchée. Ça donne rien d’être fâchée pour ça. Je commence à comprendre les workaholics, les compulsifs du ménage, ceux qui s’investissent corps et âme dans un hobby, ceux qui deviennent gaga de leur animal de compagnie, ceux qui font du bénévolat une job à temps plein, ceux qui mangent compulsivement, ceux qui ont le nez dans la vie des autres, ajoutez vos suggestions. Toutes des façons de s’occuper de sa solitude.  De bonnes façons? Pas toutes. Mais ça répond à un besoin. Suffit maintenant de trouver ma façon.

On s’en lave les mains

J’ai vu hier une décision administrative en application. Un huissier qui vient porter l’avis d’éviction à des voisins, des gens dépourvus de moyens tant financiers que psychologiques. Ils n’ont pas eu le réflexe de vérifier leur droits à la régie du logement, ils se sont soumis à la décision, ils ne savent pas, ils ont peur devant l’autorité. Bien sur, des mois de loyers en retard, incomplets, impayés, ça justifie la décision administrative, j’aurais sûrement fait pareil à la place du propriétaire.

Je réalise par contre que souvent j’ai jugé, les “BS”, les mauvais payeurs, les crosseurs de système, sans connaître leur réalité de vie. J’ai connu ces voisins brièvement mais assez pour qu’ils me laissent un peu entrer dans leur réalité. Maladie mentale, maladie physique, coffre à outils déficient. Les loyers impayés se traduisent par une télé 50 pouces au plasma, par des partys de fêtes de rêve pour les enfants. Ça se traduit aussi par l’autre voisin qui manque de sous pour payer ses dettes et qui leur vend son ordi usagé “à rabais” pour 3000$. Des loyers impayés, des gens qui ne savent pas la valeur des biens, qui ne savent pas ordonner des priorités, qui n’ont jamais appris à le faire et qui ne sont pas équipé pour pouvoir le faire.

On fait quoi avec ces gens dans notre beau Québec? On leur donne un chèque le premier de chaque mois et ensuite… ils sont démunis. Quand l’avis d’éviction pour mauvaise créance arrive, ils doivent payer un déménageur (faudrait pas penser que leurs amis ont tous des pick-up et peuvent les déménager), choisir entre payer pour entreposer leurs biens ou les abandonner, et se trouver un toit en moins de 24h.  Survie. On entretien leur malheur, à leur fournir des ressources financières sans leur fournir de moyens d’améliorer leur qualité de vie.  Tenter de maintenir le niveau d’eau d’une piscine percée. C’est ce qu’on fait.

Est-ce que comme société on peut prendre chacune de ces personnes par la main et les encadrer? Je ne crois pas.  Et puis administrativement, on fait comment pour départager les gens de mauvaise foi des gens à l’équipement déficient? Est-ce à nous de le faire? Puis les enfants, on fait quoi avec ces enfants qui ne reçoivent pas l’équipement de série parce que leur parents ne l’ont pas? On attend leur 18e anniversaire et on leur remet un chèque à leur tour. On pourrait pas faire un peu mieux comme société, au moins assurer que le cycle cesse, qu’un enfant ait des chances égales et ne fasse pas une vie de malheur parce que né dans la malchance? Qu’on ne vienne pas me parler de l’éducation gratuite et accessible à tous. Ça ne les intéresse pas, ça ne fait pas partie de leur priorité, ils n’ont jamais appris à apprendre.

Il existe une tonne d’organisme de soutien au Québec. Des programmes gouvernementaux, des mesures d’aide, des logements sociaux, l’aide juridique, les banques alimentaires name it. Pourtant… mes voisins ont été évincés pour mauvaise créance. Mes voisins ont été évincés pour incapacité physique et mentale à gérer leurs avoir. La voisine m’avait expliqué comment elle avait fait financer son écran plasma. L’obtention du crédit avait été plus facile pour elle que l’accès à toutes les ressources disponibles pour apprendre à gérer son budget et ordonner sa vie avec ce que sa vie comporte de limitations. J’ai honte de moi, de mon Québec, de mes décideurs, de mes concitoyens. C’est moi qui suis démunie devant la misère humaine et l’abandon. Parce que oui, je juge que le chèque qu’on leur remet est synonyme d’abandon. On s’en lave les mains.

Wrap up de la semaine

Ce fut une longue semaine. Pour moi, les enfants, même la bête à poils ici (et je ne parle pas de l’Alcolo) serait d’accord pour le dire. Nouvel appartement, nouvel environnement, nouveaux bruits, nouveaux visages, nouveaux amis, nouveaux spots pour faire pipi ( et je ne parle toujours pas de l’Alcolo là attention) bref, adaptation était le mot du jour tous les jours. C’est long une semaine d’adaptation des fois.

J’ai un vélo qui ne me sert presque à rien. Je l’ai foutu dans le rack à béciks dehors et j’ai décrété que la tite voisine et le ti gars dans l’autre bloc en face pouvaient s’en servir puisqu’ils n’en ont pas. J’ai hâte de voir combien de temps encore je vais avoir un vélo maintenant que 2 enfants savent la combinaison du cadenas. D’ailleurs on sait tous que les enfants sont capable d’oublier pas par exprès de rebarrer les cadenas et je viens là de doubler les risques.

On a fini de vider la remise de l’ancien appart cette semaine. Ouais, on trainasse. C’est pas comme si quelqu’un en avait réellement besoin par contre. Quelqu’un peut m’expliquer comment ça se fait qu’on peut perdre un filtreur de piscine? Ai l’air fine là. On a donné la tite piscine soufflée (oui, de celles qui sont démonisées cette année) et j’avais dit que quand je trouverais le filtreur je le ferais suivre. Ben le filtreur, on l’a pas. Sorry.

J’ai toujours pas saisi les goûts esthétiques des anciens locataires ici. Le découpage de la peinture de la cuisine est assez innusité. Sûrement une influence impressioniste. Ou hallucinogène. Ou sinon la job a été faite par le gars qui s’en christ. On ne parlera même pas de la couleur. Un fond de piscine de cette couleur c’est excellent mais une cuisine monochrome 4 murs bleu piscine? Pas certaine!

Les enfants ont été fidèles à eux même et ont trouvé le moyen de s’emmerder, se demander quoi faire. J’ai sorti mes armes de destruction massive (non, je n’ai pas demandé à l’Alcolo de péter, ça fait trop de dommages collatéraux). J’ai mentionné un lave-vaisselle à vider, des fenêtres à laver, un lavage à plier… efficacité assurée, on ne revoit plus les enfants pendant une bonne couple d’heures et on peut recommencer le manège au besoin, c’est sans effets secondaires pour eux.

-C’est efficace comme stratégie ma femme, de  me dire l’Alcolo épaté par mes talents de meneuse de clan.
-Bah, c’est comme ça que ma mère faisait avec moi et tu vois, je suis pas déséquilibrée pour autant, que je rétorque fièrement.
-… (de ne rien dire le sage)

4 25 sous pour 1 piastre

Après être passés par les joies du déménagement, nous sommes passés aux joies du bon voisinage dans un bloc de plusieurs logements.  Déjà qu’avec une seule voisine on en avait plein les bras, on a maintenant plus de voisins que de doigts, c’est vous dire le potentiel à marde ici!

Je commence à comprendre le fonctionnement de mon nouveau quartier. Si je regarde Call.tv, que je dis que les riches sont des crosseurs, que les nouvelles de TQS sont ma référence et le catalogue Avon ma bible, je peux me considérer comme intégrée.  Je trouve ça pissant, pas de farces.

Un de mes voisins c’est le sosie de Méo dans Bob Gratton. Au moment où je l’ai vu j’ai voulu courir chercher l’ExIvrogne pour qu’il voit de vizu lui aussi cette icône vivante, mais je me suis dit que ça serait déplacé de ma part. J’ai patiemment attendu qu’il voit lui aussi le spécimen, marmomant, boutte de cigare au bec.

On est déménagé pour avoir plus d’espace. Pour que les enfants n’aient plus à dormir dans la même chambre. Pour que nous puissons avoir un bureau pour les ordinateurs et un salon qui ressemble à un salon au lieu d’un bureau. Ce dont ont l’air les voisins, ce qu’ils regardent ou lisent, on s’en tape. On barre la porte anyway.

J’ai déjà spotté la contrôlante/comère de la place. Je l’ai juste spottée 3 minutes trop tard, après qu’elle ait eu le pied chez moi. Je barre la porte maintenant, parce qu’en moins de 24hrs elle en était rendue à frapper et entrer, sans attendre qu’on lui ouvre, sans se demander si on avait envie de lui ouvrir.

Je regarde le service de conciergerie et la façon dont ils ont réparé un truc brisé dans la cuisine. Je regarde les voisins. Je regarde la vitesse à laquelle les autos passent dans la rue. Je regarde et je me dis que finalement, on a changé d’adresse mais que le monde n’a pas changé. Nous non plus.

Je pense pas qu’il soit parti sans se faire un peu de peine. La ruelle étroite comme les canaux du coeur, les bruits qui rebondissent sans se perdre sur des toits de tôles et des frontières de briques, un coin où les choses comme les sons pouvaient pas se perdre. Je pense pas, finalement, qu’il soit parti sans chigner un peu.

C’est peut-être parce que la cour derrière la vieille place de 110 ans. Peut-être parce que les feux à se faire le sang-froid jusqu’à le rendre assez chaud pour les nuits de vernis. C’est peut-être aussi la voisine. La madame aux Fleurs, aux mots de lettres et aux seins libres et quinquagénaires qui parlent de Proust comme on élève les cochons.

À moins que ce soit le peuple huron, avec ses volontés de rester aussi fort que les envies de partir, à mourir entre les traditions et les époques qui reviennent. Ou bien c’est du coeur, simplement, celui trouvé comme ceux cherchés pour pas crever seul au pied des chutes à même pas espérer des pompiers.

Je pense pas qu’il soit parti sans se faire un peu de peine. La peine des mots qui viennent avec les cris et les chants des oiseaux, cet animal un peu femme dont le strident et la musique ont la même valeur aux oreilles de l’homme. Je me demande s’il aura la même gueule pour Québec que la fois où il est arrivé pour rester, triste et arriviste, comme on le fait chaque fois dans le coeur des femmes.

Je pense pas qu’il soit parti sans un peu de peine. Sans sa rengaine, sa haine, l’haleine des nuits blanches et des autres d’amour, je pense pas qu’il soit parti, autrement que pour cette celle à qui on fait blanchir les étoiles, puis un peu de lune.

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C’t'ait l’alcolo.

Faut vous dire que c’est l’alcolo qui vous écrit ce soir.  C’est pas souvent que je squatte son espace. Il faut qu’il se passe un certain nombre de trucs graves, et là c’est pour vous dire que le compte y est. Puisque je suis rendu orphelin de blogue et que j’ai pas envie pour l’instant de me remettre de façon permanente à la plume, on va faire par ici. Allez, je vous raconte.

On est en plein déménagement, un vrai de vrai là, sans bras, sans camion, sans grand bonheur. Il y avait bien le beau-frère qui venait faire son tour pour ramasser ce qui autrement serait resté comme “paye au suivant”, mais c’était pas assez. Dans ce temps-là, quand je sais plus où me faire la joie, je pense à Kentucky. Oui! Oui! PFK mesdames (parce qu’il y en a pas mal de dames qui lisent ici je pense.) Et moi du Kentucky c’est avec la salade de choux, avec plein de salade de choux, pis de macaronis vous saurez aussi. Mais à la fin, comme un dessert. Sans ces ingrédients, moi le PFK, c’est foutu.

Pour vous dire que la Fêlée est tout allée chercher ça. Le quinze morceaux, plein de sauce, trois salade, des assiettes de cartron pis les tites fourchettes dans le saragne rap. Pour vous dire aussi que malgré toute mon insistance, le beau-frère a voulu faire son assiette lui-même. Pour vous dire qu’il a commencé par tremper sa fourchette dans MA salade de choux préférée. Pour vous dire qu’il l’a léché pour ensuite la tremper dans la salade de macaronis. Pour vous dire qu’il a reléché pour aller dans la salade de patates. Pour vous dire que j’étais en beau christ.

Il s’est léché les doigts aussi. Mais j’avais l’oeil sur le baril, je vous jure. Tout en moi grognait comme le chien devant son os. Une scène mâle OK!

* * *

Épouse elle est contente, notre chien grandit, tiens, prenez là, il a découvert sa sexualité sur mon tibia droit. Il a été quitte pour un coup de pied, et épouse de dire: “Ayoye! Ta jambe droite, ce sera à jamais sa première. Il va toujours la regarder avec nostalgie!”

* * *

Une journée de cul, et j’avais besoin de vous le dire.

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