Je lisais des blogs ce matin. Sauter d’un blog à l’autre au hasard est parfois risqué, il y a de ces choses que je ne veux pas voir ni savoir… Mais bon, j’ai fait quelques lectures intéressantes. J’ai remarqué entre autre la présence abondante de billets portant sur l’amitié, le réseau social, le soutiens des amis, les liens d’amitiés parfois plus fort que les liens familiaux, bref vous voyez le thème, et c’en est un qui n’existe pas chez moi.
J’ai parfois l’impression d’être inapte à l’amitié, comme certain sont incapable de réussir un gâteau. Moi je foire mes amitiés, je n’y met pas assez de soins, je suis égoïste et associale, quand ça devient compliqué, je m’inscris au registre des absents.
Comment je fais ça? Sais pas trop. C’est pas toujours volontaire au départ mais ça fini souvent à ma façon, c’est à dire rapidement.
Je me sens prise en otage par le mythe (parce que je me doute bien que c’est un mythe) qui dit qu’une vraie amie sera là “no matter what”. Moi quand ça va bien dans ma vie je ne ressens pas le besoin de m’épancher sur les petits bonheurs quotidiens, je me contente d’aller bien. Mais quand ça va moins bien, c’est là que je voudrais une amie, qui me recrinque ou qui me botte le cul, selon le besoin. Sauf que, et je le sais par expérience, rien de plus désagréable qu’une amie qui vous sonne juste quand ça va mal. Dans ce temps là, quand je me rends compte que c’est ce que je suis en train de faire, je coupe ça drette là, au lieu de me sentir “exploitante”, j’aime mieux y mettre fin.
Mais pourquoi, me demanderez-vous, ne pas partager à l’occasion une bonne bouffe avec des copines ? Parce que ça tourne souvent, pour ne pas dire tout le temps, aux genres de discussions que je n’aime pas tenir. La sacoche qui matche le soulier, la teinture à cheveux, le “chum bashing”, et ce qui me donne envie de me sauver à la course c’est quand il y en a une qui décide de se libérer et de nous avouer qu’elle à trompé son chum/désire le quitter mais nous demande de surtout ne pas en parler. C’est à vomir. Quand vous sentez le besoin de vous libérer, vous nous mettez un sacré poid sur les épaules à nous, celles qui voulons pas le savoir et qui de surcroit n’approuvent pas la façon de faire. Et si on s’aventure à vous dire notre façon de penser là dessus, on se fait taxer de n’être pas ouverte d’esprit, trop sérieuse, emmerdante, ect. Mais euh… moi je pensais que les vraies amies pouvaient tout se dire, pouvait accepter le point de vue différent du leur. On devait pas être amies pour vrai alors? Ou j’ai jamais bien su choisir mes amies. Ou je suis vraiment inapte.
Arrive aussi “le cycle”. Tu m’appelles, je t’appelle, on va souper chez vous, on soupe chez nous, on prend ta voiture, on prend la mienne, c’est à ton tour de m’appeler, tu m’a pas appelé depuis 3 jours, je commence à me sentir cheap de pas t’appeler, je me sens trop cheap je vais attendre un peu, ça fait 6 semaines que j’ai pas de tes nouvelles, c’est pas grave je comprends t’es occupée les enfants, le travail, on se fera une bouffe, on s’appellera quand on aura le temps, ça fait un bon boutte là pis finalement je m’en porte pas plus mal…ahhhh pis laisses donc faire, trop compliqué.
Je ne peux pas être ton amie si tu ne me permet pas d’être honnête. Je ne peux pas être ton amie si tes agissements son contraires à mes valeurs. Je ne peux pas être ton amie si tu veux m’emener sur un terrain où je ne veux pas aller.
Ce matin j’avais un courriel dans ma boîte. Une connaissance qui a eu un bout dur récemment, et qui se dit intéressée à garder un lien amical avec moi, parce qu’elle apprécie mon intégrité, mon authenticité. Je lui en ai donné de l’authenticité dans mon courriel réponse. J’ai hâte de voir à quel point elle appréciera. Si vraiment elle me permet d’être juste moi-même, sans détour sans fla-fla, ça lui donne le droit d’en faire autant avec moi, et à ce moment on peut devenir amies, je pense. Autrement, j’y arrive pas. Les non-dits, les faux-semblants, les compliments obligés parce que c’est de mise, les bitcheries, je peux pas. J’en veux pas, je ne veux pas en donner et je ne veux pas qu’on m’en donne.
Mais qu’est-ce que je fais donc si j’ai pas d’amis, quand ça va mal ? Je fais comme tout le monde, même ceux qui ont des amis. Je pleure un bon coup, pis je me dit que ça va finir par aller mieux. J’ai la chance d’avoir le meilleur chum au monde, qui est capable d’écoute sans être toujours d’accord avec mes réflexions il a le mérite de savoir les entendre. Ça me sauve souvent de la folie, et lui il a le droit d’être tout à fait honnête dans ce qu’il à envie de me dire, parce qu’il me donne ce même droit. C’est pas toujours plaisant, mais tellement utile. Et puis comme ça, on a pas à se demander ce que l’autre pense vraiment, je l’ai tu blessé, j’ai tu été trop…pas assez…peut-être que j’aurais du…









Je te comprend donc, je pensais justement depuis quelque temps faire un billet là-dessus moi aussi. Sur mon incapacité profonde à conserver mes ami(e)s.
Dis-toi que tu n’es pas seule dans ton associabilité
Je me reconnais aussi. J’ai une amie depuis le secondaire, la seule que j’ai. On se voit presque jamais, on ne s’appelle pas tellement plus, mais on est toujours contentes de se voir. Il y a un accord tacite entre nous au sujet des sujets tabous. Pas des vraies amies? Peut-être bien, mais on ne se fait pas chier! C’est la seule amie que j’ai conserver de mes années de secondaire et de cégep. À l’université, je n’ai même pas essayé de me faire d’amis. Mon besoin de sociabiliser est assez faible. Je te dirais même que si j’aperçois au loin quelqu’un que je connais, je suis capable de me cacher pour être sûre que la personne en question ne vienne pas me parler. Je suis comme ça depuis toujours, jeune la pire chose qui pouvait m’arriver c’était d’être invitée à une fête d’enfants, j’haissais ça pour tuer! Comme toi, les discussions sur les sacoches, le scrapbooking ou le chum bashing, ça m’emmerde, alors en général, dans un groupe, je ne parle pas, je chante dans ma tête!!
Carabelle, contente de savoir que je ne suis pas la seule, et ça me fait justement un peu peur….la solitude qui nous guette tous ensemble, chacun dans notre coin.
Ysa, je pense que si tu es arrivée à un accord avec ton amie sur vos tabous, c’est déjà un peu plus clair. J’y arrive même pas. Ça me semble toujours trop compliqué, la ligne est fine, alors je préfère dropper le puck en partant. Je ne vis pas de deuil, je disais ça hier justement à Chum sur l’oreiller, je ne me sens pas rejetée, au contraire, c’est moi qui ferme les portes, souvent parce que devoir justifier, expliquer, clarifier me demande trop d’efforts.
Très belle confession, et je crois que puisque nous nous retrouvons tous un peu en toi, tu n’es surement pas aussi inapte que tu le crois…
Je me sens comme toi. Je me sens souvent inapte à me faire des amis ou juste avoir une conversation vraiment ouverte et intéressante. Je me sens soit trop flyée ou trop matante, souvent à côté de la track. Sauf que je trouve ça lourd des fois.
Vous croyez que ça existe une association pour gens inaptes à l’amitié?? Assez étrangement, si ça existe ça être d’un calme…ou alors ils implosent et se dissoude. Mahh, je délire là.
Merci du support, entre associaux on s’en tire quand même pas pire je trouve !
Bon, je crois que ça va être long ce billet si reculons… Pardons reculé!
La distance peut être de deux façons tu vois. Soit une que l’on s’incombe où soit une qui nous est garochée en plein visage.
Y’en a tout plein de comme ça qui me débarque dans le paysage de mes rencontres. Des gens sympas, des gens qui me semblent en co-relation de ce que je vis. Ça s’en est qu’un instant. À la moindre discorde ils quittent le navire.
Faut pas se leurrer non plus, y’a pas des milles de vies parcourus ensembles. Y’a pas des exploits et des échecs que nous avons parcourus. Y’a que des kilomètres de vies qui nous ressemblent chacun notre coté et dans lesquels quelques mètres qui peuvent se rapprocher de ce que nous avons vécus en commun chacuns de notre coté.
Mais ce qui aide au rapprochement c’est toute la simplicité du moment. Le fait d’être soi-même en se levant nos faces de faces unes devant l’autre qui font en sorte qu’on peut se dire que oui! Il existe encore des gens vrais dans ce monde.
J’avais aucun doute face à ton Alcolo. Peut-être un peu plus face à toi dont j’avais pas eu grand contact. T’en a eu plus avec la Reine et c’est tant mieux tu sais. Vous vous comprenez tellement bien vous deux.
Tu sais, je radottes à tour de je t’aime à ton mec combien justement je l’aime. Cette même phrase m’est sortie du bec avec toute la simplicité que ça importe après une longue conversation qui m’avait fait comprendre bien des choses. Qui m’avait fait me rendre compte qu’il existe bien des souffrances. Qui m’a fait aussi me rendre compte qu’il y a beaucoup de chemins qui nous sépare. Mais c’est au propre et non au figuré chère amie.
Je réitère une fois de plus aujourd’hui en te disant que malgré le peu de jours. Malgré le peu de conversations que nous avons eues. Tous les échanges ont été grandement appréciés.
Et comme ils disent les anglais: “There’s so much more to come”