Enfantillages
janvier 2, 2008 par lafelee
J’avais dit que je vous parlerais des enfants. Ben voilà. La voisine d’en haut, elle a téléphoné au propriétaire pour se plaindre que notre allée piétonnière (pas la sienne là, la notre) était mal déneigée. Vous le voyez le rapport avec les enfants là hen? Enfantillage sinon vous voyez là?
Les enfants ont reçu le jeu Destin en cadeau, version électronique. C’était déjà compliqué de veiller à ce qu’ils ne trichent pas au Monopoly avec de l’argent papier qu’on pouvait compter avec eux, maintenant avec Destin et la carte de crédit, on ne peut que supposer qu’ils entrent bien le bon nombre de zéros au moment de faire les soustractions…. et même qu’ils font bien une soustraction et non une addition. En tout cas j’ai pas pris de chance, j’ai laissé Chum jouer avec eux, je n’ai pas cette patience.
Vous vous demandez si je niaise là… ben non. Ils sont vraiment comme ça. Perdre c’est moche. Tricher et gagner, c’est correct. Tricher, c’est acceptable tant qu’on se fait pas poigner. Tricher et se faire poigner c’est honteux, mais ça vaut la peine parce qu’on se fait pas poigner à tous les coups et quand de toute façon on se fait poigner on dit qu’on s’est trompé, qu’on s’en rappelait plus, ou en dernier recours on accuse l’autre d’autre chose pour détourner l’attention. Ça me dérange, ça me pompe l’huile, je fais de gros efforts pour ne pas les voirs que comme ça, en crosseurs. Parce que je sais bien ils ne sont pas que ça. Sont fins. Des anges. Tellement cute à part ça.
On a “trouvé” dans notre budget un petit montant d’argent hier. Tout d’un coup on se rend compte qu’on dispose d’un petit pécule imprévu et comme les Fêtes sont finies, on se dit ben, pensons à nous maintenant. Hier, il m’est passé par la tête de gâter les enfants. De leur faire une journée comme ils les aiment, cinéma, resto, achat de jouets inutiles et de vêtements dont ils n’ont pas besoin. Un journée pour claquer du fric. Je l’ai pas dit, je l’ai gardé pour moi. Puis ils ont joué à Destin. Puis je me suis dit que j’irais chez la coiffeuse, que j’achèterais un filtre permanent pour la cafetière au lieu des filtres papier, que j’avais besoin d’un pyjama présentable, non troué, qu’on avait plus de ciseaux décent dans la cuisine, qu’une bombonne d’air comprimé pour nettoyer l’ordi était nécéssaire, et la liste peut s’allonger au gré de mon humeur. Ce matin, Chum me dit qu’il aurait le goût de gâter les enfants avec les sous. Il voulait juste me tester. Il était pas sérieux. Ça se peut pas. On en a un qui ne rêve que de voir son petit frère tout neuf d’une minute à l’autre quitte à perdre sa (trop rare) semaine avec papa et l’autre s’inquiète de savoir quand elle ira chez papa, parce que son Nintendo DS doit être resté sur la charge …. Je les gâterais bien, ce que je voudrais tant leur offrir ne s’achète pas au Toys r’us. Mais sont fins. Des anges. Polis, en harmonie, pis tellement cute à part ça.
Tous les deux, ils rivalisent d’originalité pour s’attirer nos compliments. Ils peuvent facilement quitter un jeu pour aller nous brasser un café, pour se faire dire qu’ils sont fins. Mais quitter le même jeu pour laisser la place à l’autre qui poireaute à côté, ça c’est trop, pas de gain direct. Ils savent laisser leur chambre dans un état apocalyptique en tout temps sans culpabilité, mais quand un adulte se pointe près de la porte de la chambre sans rien demander, on entend une petite voix d’enfant qui dit à l’autre Ouin, tu pourrais m’aider à ranger là. Faire mal paraître l’autre, pour être plus fin, meilleur, plus aimé. On voit ça trop souvent, trop régulièrement, tellement que je me demande qu’est-ce qu’on fait de pas correct, comment ça se fait qu’ils vivent si fort ce besoin d’avoir le dessus sur l’autre de façon sournoise et surtout comment ça se fait que jamais ils ne disent sentir un manque ou une peur à quelque niveau que ce soit, même pas quand on leur parle individuellement. Mais je vous jure sont fins. Des anges. Cute à part ça, je vous l’ai tu dis?




Malheureusement je crois que le besoin d’avoir, de gagner, de posséder, c’est gravé dans la nature humaine, ca a toujours été présent et ca le sera toujours.
Le fait d’être prêt à écraser les autres autour pour avoir le dessus c’est différent; Je crois que c’est très présent chez les enfants car ils n’ont pas encore développé cette mystérieuse entité nommée “la conscience”. Tsé, la petite voix qui t’empêche de bien dormir le soir quand tu sais que ce que t’as fait à autrui c’est pas correct pis que t’aimerais pas qu’on te fasse le même traitement.
Ce qui est encore plus triste, c’est que plusieurs adultes ne la développeront jamais d’ailleurs, cette fameuse conscience….
Moi aussi je crois que c’est dans la nature humaine. Le p’tit diable et le p’tit ange…
C’est drôle, plus les années passent et moins je le dis ça: il est fin, un ange!!!…
Ça ressemble plus à: “ouin, des fois ça lui arrive d’être fin avec moi” et je le prends quand ça passe.
Et le peu de fois où j’ai le choix entre me gâter un tout petit peu et gâter mon fils, sans culpabilité je me choisi… C’est plate mais c’est ça…
J’en ai 4 comme ca moi. Il y a des jours….. Autant ils se chicanent autant leur liens est tres forts.
Masterbaker & Délire, je suis d’accord, c’est dans la nature humaine, mais c’est pire chez certains, oui, et ça se travaille, et quand on l’a assez vu, la moindre parcelle nous agresse…
Nickie, j’ai rit… c’est mal ? Je te comprends de te gâter, j’en fais autant. Tiens ce matin, j’étais chez la coiffeuse. Même pas une once de culpabilité.
Pistache, le lien est fort aussi ici. Étrangement, comme parfois le respect des adversaires je pense.
Je n’ai pas d’enfant, mais ce genre de discours, je l’ai entendu plusieurs fois. Ma soeur a d’ailleurs trois ados dont elle est régulièrement découragé, surtout du plus vieux, le plus ados !
Elle se demande aussi parfois où a été la faille dans l’éducation qu’elle leur a donné pour en arriver à ce résultat.
Donc je sais que c’est normal, mais honnêtement, ce genre de discours m’attriste. Être déçue de nos enfants … Je trouve ça difficile comme propos.
Mais bon, peut-être est-ce normal et que mon incompréhension vient du fait que je n’ai justement pas d’enfant …
Je comprends que le discours t’attriste. Maintenant imagine la tristesse d’un parent qui voudrait voir ses enfants agir selon ses valeurs et qui voit le contraire trop souvent tout en se sentant impuissant pour corriger la situation, le comportement. Ce billet, c’est ce que d’autres parents pensent aussi, la plupart sans oser le dire tout haut, mais jamais sans aimer profondément les enfants.