La disette
février 11, 2008 par lafelee
La Frustrée. Juste un peu frustrée. Parfois pas mal frustrée. Mais c’est quoi frustrer? Enlever à une personne la possession, la jouissance de quelque chose. De là se sentir frustrée de quelque chose. Je suis frustrée de quoi au juste? Le petit bout de frustrée en moi qui ne peut pas s’exprimer en dehors de ses 4 murs. Parce que c’est mal. Parce que dire toujours tout ce qu’on pense à touts vents ne fait pas avancer les choses, parce que la totale intégrité en société n’existe pas si on se soucie d’autrui. Parce que la doctrine judéo-chrétienne dans laquelle j’ai grandi a fait son oeuvre. Redouter que ça ne devienne un état permanent. Frue. C’est moi.
Ça n’écarte pas le bonheur, ça n’empêche pas les sourires, mais en dedans, il reste le sentiment d’être privée de la liberté d’expression mais aussi privée de la capacité de le faire, par respect des conventions sociales, par respect pour autrui -même ceux qui n’ent ont pas- par peur d’être pointée du doigt ou d’attirer l’attention, par la mémoire de poisson rouge qui prend un temps fou à trouver LE bon mot.
C’est la disette du vocabulaire de l’aphasique imaginaire. C’est s’abstenir volontairement de s’exprimer. Doublement cassée frustrée. J’idéalise le verbe libérateur. Je conjugue le verbe retenir.
Exprimer, se libérer. Affranchissement. Délivrance. Libération. Retenue.
La franchise. L’intégrité. L’honnêté. La limite sociale. La limite personnelle. La limite civilisée. La limite de mes capacités intellectuelles. Frontière, mince ligne, point que l’on ne peut ou ne doit dépasser. Borne. Je me borne à; je respecte les bornes. Les jeunes filles bien élevées sont polies. Elles ne font pas pleurer. Elles ne disent pas de grossièretés. Elle préfèrent se taire plutôt que de faire mal. Elles s’en veulent à mort quand la libération tourne à la confrontation, elles auraient mieux fait de se taire. Elles se taisent. Frues.
Je m’insurge. Oups. Je désaprouve. Oups. Mais…peut-être que…enfin si… ah. Je m’excuse. Je me tais avant de ressentir le besoin de m’excuser. Parce que ce que je pense n’est pas la seule façon de penser. Parce que mes motivations ne sont pas celles des autres. Parce que mes ambitions, mes buts, mes raisons ne sont pas celles des autres. Parce que de toute façon, trop souvent, péter une christ de solide de bonne coche ouvertement ne change pas la bêtise humaine !
Note à la Frustrée: tenter de ne pas dire ou de dire autrement ne fais qu’alimenter la frustration. Trouver une autre façon….




J’ai relu 3 fois. Et à chaque fois, une même question: mais qu’est-ce qu’elle ne dit pas dans ce texte? …
J’avais le gout - plus que le gout, le besoin intense- de gueuler, crier des noms, nommer, décrier…de toute façon, trop souvent, péter une christ de solide de bonne coche ouvertement ne change pas la bêtise humaine !
Je me garde le droit à mes frustrations, je laisse le droit à la bêtise humaines. Puis qui suis-je pour prétendre savoir mieux…
Nope, la bêtise humaine a été, est et sera. Faut juste s’arranger pour ne pas en être la cause trop souvent…
Et yup, t’as parfaitement le droit à tes frustrations, parce que de un c’est très sain - le refoulement, ça fait des plis de front pas beaux - et de deux, ben c’est comme ça qu’on t’aime, tsé!
Peut-être que manger comme une cochonne, faire du ménage, aller courir ou continuer d’écrire jusqu’au délire… peut-être une solution
Non mais fâ donc c’que tu veux, c’est plus simple! Parfois, ce câlicer des autres aide.. Scuse mon langage, je suis dans une période frue itou!
P.s. faut JAMAIS oublier comment LES AUTRES peuvent se calicer de toi des fois.. retour de la pareille!!!
Juliette, ce que tyu me suggere ça change les idées, et effectivement, le ménage c’est efficace dans mon cas !
Heinquoi… bon t’es frue?? lol Absolument aucun doute que les autres se calice de moi des fois comme tu dis, c’est en fait une raison de plus pour me la fermer… kosse ça donne que je me dis.
aussi..
Moi je constate que j’ouvre trop souvent ma grande gueule pour rien ! Parce que dans le fond, j’impose mes frustrations aux autres et comme tu dis, kossé ca donne. Mais j’ai toujours crié tout haut ce que je pensais tout bas, ou presque… C’est dur de changer cà rendu à 32 ans. Soupir.
Je suis une adepte du cri primal au fond du bois…Je pense à toi…Pis MJ a raison garder en dedans le méchant ça fait des pas beaux plis…Et même si je ne connais que ce que je lis de toi, j’t'aime bien, frustrée ou pas!
Délire, c’est vrai que c’est pas facile…
La Louve, le cri primal je le refoule itou, ben trop de monde autour de chez moi!!!
Je prends note pour les plis de front… ça doit être de là qu’ils me viennent… je pensais que c’était génétique, ma mère les a à la même place !
*se prépare à trouver la sortie…* Mais sans faire de bruit, on est quelle semaine déjà?
J’ai appris avec le temps que les conventions sociales se résumaient en un mot : hypocrisie.
Tout le monde admire ceux qui hurlent mais dans leur dos, disent que la personne est peut-être allée trop fort.
Je suis aussi révoltée que toi.
Je sais ce que c’est que d’être une grande gueule. Mais quand on s’assume, c’est déjà plus facile.
Ouais, c’est pas toujours évident. parler ou pas?
Je suis assez dedans présentement pour dire que c’est pas vrai que “toute vérité est bonne à dire”.
Par contre, il faut pas se laisser piétiner ni runné par les autres.
On peut pas toujours se taire, parfois on hurle, parfois on dit, on chuchote, on écrit…Parfois aussi un silence bien placé peut être plus efficace qu’un hurlement dans le vide…Tout est question de timing, de perspective.
Pis des fois bin un punching bag c’est mauditement efficace! Et si y’a trop de monde autour pour le cri primal, va un peu plus loin.
Ou essaie l’oreiller, ça étouffe pas pire le cri!