Là tantôt j’ai falli vous raconter pourquoi j’ai pas lu Le Devoir pendant près de 5 ans. Puis en le faisant je m’étais mise à vous parler de Ti-Gilles. Mais bon, c’était moche parce que Ti-Gilles est mort depuis un bout déjà. Puis Le Devoir je suis parfaitement capable de le lire maintenant. Je vais quand même vous parler de Ti-Gilles, pour le plaisir.
Ti-Gilles comme mon papa il était marin. Mais c’est tout ce qu’il avait en commun avec mon papa, mis à part quelques cheveux blancs et des rides que seuls les rayons de soleil pris sur l’eau peuvent vous causer. Ti-Gilles c’est sur les bateaux il avait appris à jouer au cribb. Bon vous appelez peut-être ça le cribbage, le cribble, chez nous c’est le cribb. Ti-Gilles quand il revenait à terre pour ses vacances, il jouait au cribb. C’est lui qui m’a appris. Jouer au cribb et m’apprendre à y jouer, ça le changeait d’humeur. De toujours en colère, il devenait parfois ricaneux.
De toutes les certitudes de Ti-Gilles, aucune n’a été si fortement ébranlée que celle qui voulait qu’il soit LE meilleur joueur du village. Vous devinerez, l’élève a battu le maître, plus d’une fois. Je suis un cul-béni, chanceuse comme c’est pas permi au cribb. Combien de fois il a foutu ses cartes par terre, renversé le jeu et quitté la table en maudissant tous les saints. Moi je riais. Puis il revenait le lendemain, et ça recommençait. Vous dire quand il gagnait, le bonheur paraissait presque dans ses yeux.
Bien qu’il ait choisi de nous quitter depuis plusieurs années, avant de laisser l’Autre choisir pour lui, je pense souvent à lui. Je ne sais pas pourquoi. Des gens passent dans notre vie et sans pour autant en être très proche, on développe un lien. Nous c’était d’abord le cribb au casse-croûte du coin en sirotant un café, puis le fleuve, qu’il m’a raconté pas mal plus que mon père ne l’a fait, parce que mon papa il n’est pas très verbilleur mais ti-Gilles lui, côté verbillage il s’y connaissait.
Il m’a raconté Amsterdam, ThunderBay et Port-Cartier avec le même engouement. Il m’a raconté la fameuse fois où il avait voulu jeter le cuisinier par dessus bord tellement souvent et avec tellement de versions différentes que je ne sais plus laquelle est la vraie. Il racontait Ti-Gilles, pour sortir un peu sa colère mais aussi souvent pour faire rire, peut-être parce qu’il ne riait pas souvent.









Toujours les cooks qui écopent… J’ai pas pris la bonne branche!
Drew, le cook à bord il a une importance capitale. Tsé quand t’es 3-4 mois au large, si tu manges mal, tu deviens agressif parce que se faire livrer un St-Hub, c’est légèrement compliqué!
Il parait même que le cook serait plus important que le capitaine.
wow…
oui, wow
c’est beau ce texte…ça donne envie de le connaître…Salutations Ti-Gilles!
15-2/15-4 et 2…6
En effet Port-Cartier est un port important pour le chargement de minerai ou le transbordement de céréales pour les barges de lac comme pour les minéraliers au fort tonnage
C’est vrai Gaétan. Dans ma jeunesse j’ai vite appris à situer ces ports sur une carte, question de pouvoir suivre mon père les 9 mois sur 12 où il était au large. Port Cartier revenait souvent au cours de ses voyages.