Papa
mars 3, 2008 par lafelee
Une connaissance/collaboratrice/amie, enfin, une personne à qui je m’identifie quand même un peu parce que je trouve qu’on fait une super équipe toutes les deux, elle a perdu son papa la nuit dernière. Ça me fout la trouille. Son papa, comme le mien, quand même rendu à un âge respectable tout en étant resté jeune de coeur. Son papa avait fait un ACV il y a quelques jours… dommages nombreux, sérieux, irréversibles, on laisse aller…lâcher-prise…
Au téléphone elle me demande sur un ton de petite fille de presque 50 ans si j’ai encore mon papa moi. Ben oui que je lui dit…presque gênée. Puis j’ai la trouille aussi, que je me dis. Il va bien mon père à part ça, il joue aux quilles, il fait des jokes de newfies, il chatouille la Puce, il l’appelle le gendre, il s’occupe à toute sortes de choses,il va bien. Deux pontages et un cancer de la prostate, ça l’a même pas jeté à terre, il a à peine courbé l’échine, question de se faire roseau, puis il s’est relevé. Il est fait fort mon papa. J’ai la trouille. J’essaie de me souvenir à quand remonte le dernier Je t’aime…le sien ou le mien… c’est vague.
Pas que ça me manque, parce que j’en doute même pas qu’il m’aime, mais on est tous les deux juste pas beaucoup capable de distribuer les Je t’aime. On fait autrement. Il se “trompe” de marque de café et me refile celle dont il n’a pas besoin. Il avait cette drôle de manie de vérifier plus ou moins subtilement le contenu du congélateur question de s’assurer que tout allait bien dans les périodes où il en doutait. Il a fait des kilomètres pour moi… des putains de kilomètres que je sais pas si je les ferai moi même pour les enfants quand ils seront adultes. Je ne pleurerai pas en disant qu’il ne m’a jamais dit je t’aime, je sais qu’il le dit comme il peut. N’empêche que là, je suis comme une conne à me demander si lui il comprend mes Je t’aime déguisés de fille pas douée en communication.
C’est sa fête à mon papa ce samedi. J’ai bougonné sur les kilomètres que ça ferait de plus, sur l’obligation d’y être, sur “non mais on peux tu avoir une vie stie !”, puis je me suis presque réjouie de la météo de merde prévue pour samedi… puis mon amie qui perd son papa, et mon papa qui est encore là. Me sens cheap. Ingrate. Évidemment que je lui dirai pas. Je vais juste sourire, et trouver une façon de le faire rire un peu samedi. Puis je vais encore me ré-essayer de lui faire mettre par écrit 2 ou 3 de ses recettes dont lui seul a le secret dans un racoin de sa mémoire.




“je suis comme une conne à me demander si lui il comprend mes Je t’aime déguisés de fille pas douée en communication.”
Non, il ne les comprend pas. Et le père que je suis t’en voudrais un peu de pas au moins pratiquer ce bout-là, avant qu’il se ferme les yeux!
décidément, c’est une sale période pour les parents, mais c’est sûr qu’il faut se rattraper à leur faire comprendre qu’on les aime, parce que le temps passe bien trop vite !
Et là parce que vous êtes des papas ça vous donne une crédibilité sur le sujet ???
Ahhh je sais je sais…chhhhhut… je vais voir si je trouve une façon de…
Tu trouveras une façon de… Je suis certaine. xxx
J’voudrais bien t’écrire que tu dois faire ceci, faire cela mais tu sais, je parlerai à travers mon chapeau parce que moi, un père, j’en ai jamais eu un, un vrai ! Et qu’à ma mère, j’ai dit les mots pour la première fois en adulte il y a 5 ans… et je ne les aient jamais redis depuis. Pas capable. L’orgeuil vous savez !
Parcontre, lorsque ma fille me fait un calin, je n’ai pas besoin qu’elle me dise qu’elle m’aime, je le sais. Elle le dit par son geste. Parfois, le non-dit est plus fort que les mots dits à la va-vite.
Apporte-lui des muffins au citron-pavot!!!
Blague à part, c’est triste ce qui arrive mais cela ne t’appartient pas, ce n’est pas ton papa qui est parti. Oui tu as le droit de flipper car c’est ton amie, mais tu te dois juste d’être à l’écoute mais surtout ne pas prendre le blâme sur tes petites épaules!
Cliss j’me relis là pis je suis bordeline sur les familiarités!! dsl…..
HQ, un peu plus pis tu me donnais du “ma belle!…
Pascal, l’orgueil… merde, j’avais même pas pensé que ça pouvait être ça. Juste trop poignée, trop gênée, trop.. beurk. C’est peut-être de l’orgueil, je vais m’en parler pis me répondre…mais merci.
La veillée va être longue!
Tu t’aides pas ben ben là…
je me dit un peu la même chose sauf qu’à chaque fois que je vais visiter mon père il n’est pas capable de fermer la télévision et s’il ferme la télévision, il n’a plus rien à me dire alors je me dit toujours faire du millage pour aller écouter TQS à Montréal est-ce que ça vaut vraiment la peine surtout par temps de chien
mais bon je sais qu’il apprécie ma visite, plus que TQS même s’il n’est pas capable de fermer sa télévison quand j’y suis
Aille l’Alcolo, laisse-la donc respirer “Monsieur je suis en 2ème place sur TLMEB, un pas en avant de ta chérie”…………………..
Pffffffffffffffffffff
HQ… c’est pas la même catégorie… à moins qu’il ne soit déménagé dans Femmes-Famille??? :O
Le papa de mon chéri est décédé également, dans ses bras quand il avait 16 ans. À chaque fois qu’il voit mon papa à moi jouer avec notre fils, il se dit “mon père aurait été si fier, si heureux”. Je ne suis pas capable d’imaginer ma vie sans mon père, je suis une vrai “fille à papa”. Je voulais un enfant assez tôt pour qu’il puisse jouer et profité de son pépé.
Mon père n’était pas le plus affectueux, mais à 16 ans, j’ai commencé à lui donner un bec sur la joue à chaque fois que je le quittais. Maintenant, c’est lui qui me tend la joue!
Chère Fêlée,
Si tu as suivie l’histoire de mon papa-acv-depuis l’été, et tout ce qui s’en suivit, tu comprendras peut-être que ce billet me touche profondément. Parce que j’ai cherché 34 ans de ma vie à dire et à entendre je t’aime.
Que je n’ai trouvé le courage qu’au moment où je croyais la fin très très près. Et puis miracle, il a rouvert ses yeux…
Après le premier “je t’aime”, le temps de s’habituer à se l’entendre dire, les autres suivent, comme des notes dans une mélodie qu’on compose au quotidien, sans fin. Maintenant, mon nouveau papa, une fois sur deux, il se demande qui je suis, même si c’est moi qui l’aide à revivre ! Mais une fois sur deux, il sait. Et c’est tout ce qui m’importe !
Mes premières fois, ça sortait en blague. Du genre “on s’aime-tu rienqu’un peu, hein ?” et avec le temps, c’est devenu de brefs et réels mots. Sans les jokes.
Je te le souhaite, vraiment. De tout coeur.
J’ai eu la chance d’avoir un père qui disait je t’aime et qui le démontrait. Je le savais profondément amoureux de ma mère, mais j’avais droit moi aussi à une rose rose à la St-Laventin. Il est mort trop tôt, et même si j’en ai encore le coeur fragile après 14 ans, je sais à quel point j’ai été et je suis encore une privilégiée. Ce qui me rend la lecture de ton texte encore plus émouvante. Intellex a raison: c’est le premier je t’aime qui est difficile. Même à son père
Je te comprend. Moi non plus la communication du je t’aime est pas forte. Pourquoi c’est si difficile dire un petit Je t’aime à nos parents et famille alors qu’on le dit des centaines de fois par jour à notre amoureux?
C’est sur ma liste des 100 choses à faire en 1001 jours…
Rhhhhhoooooooo
Je suis bonne pour gromeler un paquet de fausses raisons de pas le faire… pas mal bonne à part ça.
Vous seriez gentilles d’arrêter d’avoir raison. Ça me ferait la vie plus facileeeeeuhh.
Très joli billet, dur sujet… j’crois que si j’avais une baguette magique, là, tout de suite, je ramènerais le mien à la vie et je comblerais tous ses silences, tous les miens aussi… pourquoi réalise t-on cela une fois qu’il est trop tard????…
Je dis facilement”je t’aime”… parce que j’ai fait une liste étant petite de tout-ce-que-je-ne-reproduirai-pas-de-mon-père… je me suis tenue à cette règle… le “je t’aime” est devenu un allié.. enfin…
Jenfi n’est pas très loquace sur le sujet… mais il y travaille…
C’est pas simple… tout remonte à l’éducation…
C’est vraiment très joli la complicité que tu as avec ton papa… tu as beaucoup de chance…
Bisous…
Véro
L’idée qu’il te note certaines recettes est géniale ! Ma maman m’avait carrément fabriqué “le cahier de la cantonnade” où elle avait recopié des recettes de familles, amis et littéraires (évidement), au plume mauve (bon quand ça bave, après faut deviner !) que j’enrichis régulièrement et dedans y’a même des recettes de mon papa, écrites de sa main (donc un peu illisibles), du coup pour moi c’est comme un pudique “je t’aime”, c’est pas bézèf mais c’est déjà ça….
Dans ma-famille-à-moi (avec cher-et-tendre et choubidou) on se dit “je t’aime”, sans grandiloquisme ni dramatisme, juste une petite expression qui fait du bien, qui rend fort.
Mais dans ma famille-avec-parents-frère-soeur, je ne sais plus si on se l’est déjà dit, les événements nous ont peut-être achevés dans le domaine de la tendre franchise, on ne dit des choses fortes que pour blesser, reprocher, punir, mépriser, évaluer et intellectualiser.
Enfin ça va, pour ma part je ne suis pas trop méchante et je tâche de comprendre les aleas de la vie (certes je bouillonne souvent à l’intérieur, mais comme maintenant je préfère me fighter en live et qu’on se voit très peu, c’est bien pratique !).
Mon papa aura 60 ans cette année, je peux bien l’accuser de tous les maux, le fait est qu’il est tjs là et que je me creuse le ciboulot pour lui organiser une “belle teuf où y’a d’la meuf”, pour reprendre ses expressions-qui-font-djeunes….
Tiens, ta note m’a donné envie d’en parler, c marrant ça. Oué mais je bosse, normalement, aujourd’hui….
c est touchant ton article sur le papa il est vrai que quand on a ses parents il faut en profiter un max il faut leur dire combien on les aime ou leur faire comprendre si ce mot est trop dur à dire mes grands parents m ont élevé et quand ils sont décédés à trois mois d intervalle cela fait maintenant dix ans cela a été un grand vide je m y attendais qu il disparaitrait mais de vide plus personne à qui dire ce que l on se disait en intimité et plus ce lien qui nous manque mais ils sont là et des fois je leur parle en pensées car ils sont présent pour moi au quotidien car tout ce qu ils ont pu me dire ou tout de don on parlait est toujours revenu dans les moments important mes grands parents ont toujours été mon moteur même en étant plus sur notre terre ils sont toujours présent d une autre façon pour moi donc c est moins dur que de se dire il y a le vide et plus rien mais une chose est sure quand on doit se forcer quand on doit le faire par une obligation dire je t aime ou aller voir son père c est pas trop top non soit on le fait soit on le fait pas mais ne pas y aller par obligation car la personne en face de nous le sent et cela sera encore plus malheureux.
pour dire je t aime pourquoi dire ce mot à tout pris on peut le faire comprendre on peut le dire de tant de façons mon mari m aime et moi je l aime et pourtant on se le dit pas mais on le sait car il y a des regards des gestes apres c est celon l éducation mais pourquoi faire changer quelqu un qui le dit pas forcément enfin bon je te souhaite de trouver la réponse si tu y vas ou pas mais il faut le faire avec le coeur et la vie est courte et surtout ne pas avoir de remords par la suite
Véro tu vois, ma mère me lance des je t’aime à plus savoir quoi en faire… même malaise chaque fois, j’arrive même pas à les lui rendre. Je sais pas ce qu’ils ont fait dans cette éducation, mais y a un truc qui a chié ;).
Mu, l’idée du livre de recette on aime bien. On en a un déjà (quoique je l’ai un peu salopé là avec mon grand talent) dans lequel on note nos recettes secrètes/favorites/traditionnelles pour les enfants, quand ils seront grands, quand ils en voudront, s’ils en veulent.
Maellenne, bien vrai qu’il vaut mieux pas se faire de remords. C’est ce que je tente, c’est ce dont j’ai peur, c’est pourquoi tant de questionnements…