Quand j’étais un ti-cul, les choses étaient pas mal différentes d’aujourd’hui. J’avais pas à me soucier comme en ce moment de faire à souper, j’avais juste à me soucier de le manger. Ma mère s’occupait de tout, et quand elle n’en pouvait plus, elle m’envoyait jouer dehors. Quand c’était les vancances, on partait du défunt 514 pour se rendre dans le 418. Là, mon fun commençait. Mon petit village natal, je le retrouvait.
Dans ce petit village du 418, j’avais le droit de partir toute seule à pied et de parcourir le village, sans trop regarder aux limites de terrains, aux clôtures. J’avais pas non plus à me demander si j’étais en danger, le danger n’existait pas à cette époque, ça a été inventé un peu plus tard, vers la fin de mon adolescence. Alors je partais dans le village traversais le boulevard qui n’a pas de passage pour piétons, descendais la grande côte le long de la rivière pas de garde-fou, et je me rendais chez mon oncle V, sa femme et leur 4 enfants. Ce vendredi saint de 1984, j’avais 11 ans, je savais où je m’en allais, mais je savais pas que je verrais mon oncle V sous un autre jour après ça.
Mon oncle V, il connaissait pas mal de chose. Il savait mieux que le gouvernement comment gérer la place, il savait mieux que le maire du village ce dont le village avait besoin mais surtout, surtout, il s’y connaissait pas mal plus en hockey que Michel Bergeron. Mon oncle V, c’était le coach de salon des Nordiques par excellence. Il n’avait pas besoin des analystes, il était meilleur qu’eux en analyse de toute façon. Aller regarder une game Canadiens-Nordiques chez mon oncle V, c’était toute une expérience. Ce vendredi saint pourtant, il a pété une coche.
Ça sentait souvent le ragoût qui mijotait, avec une odeur d’assouplisseur pour la sécheuse en entrefilet, le cigare empestait, le café avait des trucs dedans que j’avais même pas le droit de renifler. Le chien boxer qui se faisait les griffes sur les pattes de table, le téléphone qui sonnait à chaque bon coup du Canadien – c’était le beau-frère l’autre bord du fleuve- et le son de la télé, à la Soirée du Hockey de Radio-Canada, c’était ça l’ambiance, enrichie par nos bruits de jeux d’enfants.
La célèbre bataille du Vendredi Saint de 1984, c’est chez mon oncle V que je l’ai regardée. Je pensais qu’il allait péter une crise cardiaque tellement il était rouge. Le beau-frère de l’autre bord du fleuve appelait aux 2 minutes pour partager ses excellentes réflexions sur la game, surtout en deuxième période. Quand le téléphone a sonné pour la quatrième fois en 7 minutes pendant la bataille a la fin de la deuxième, il l’a arraché du mur. Quand la liste des punitions est sortie et que le commentateur les énumérait, on a dû tous se la fermer pour qu’il puisse entendre comme il faut. Même le chien s’est tenu tranquille cette fois là. Pendant la troisième, le téléphone n’a pas sonné, il était par terre et un fil pendait du mur. Mon oncle V est resté rouge pendant toute la fin de semaine. Même le dimanche à la cabane à sucre, il avait encore le nez rouge.
Je vous laisse les vidéos de la soirée du hockey, avec les commentaires des analystes en français. Le premier c’est la bataille, le deuxième c’est les punitions et re-bataille. On dira ce qu’on voudra, mais le hockey dans ce temps là, c’était autre chose.









Qui a gagné dans tout ça? Pas le score là
La bataille!
Drew, c’est Kerry Fraser qui a gagné. Ça a fait de lui un arbitre vedette.
Le vendredi saint 1984 restera pour moi le souvenir d’une brosse mémorable.-)
Moi ce qui me fait le plus rire dans tout ça, c’est quand le gars qui annonce toutes les pénalités pis les joueurs continuent à se tapocher!!!
Ahhhhhhhhh les enfants!
[...] de SlapShot Avant de lire ici, allez lire La Fêlée. N’oubliez surtout pas de regarder les deux clips qu’elle a judicieusement choisi pour vous! C’est de l’or en [...]
J’étais pas née en 1984
Sinon, ton oncle, ça me semblait être un méchant numéro! Wow…
Moi, quand j’ai pas envie de me faire déranger quand je regarde quelque chose… je ne réponds juste pas au téléphone. Comme ça, pas besoin d’arracher le fil direct du mur! LOL
Gaétan, je pense que mon oncle V aussi.
BC, digne de Slap Shot ça !!
Noisette, ça faisait partie du plaisir de la rivalité Québec-Montreal/Canadiens-Nordiques. Le téléphone sonnait, il savait trop bien c’était qui, mais le thrill de l’engueulade qui venait avec, il aimait ça. Pis oui c’est un numéro cet oncle, mais il s’est calmé avec l’âge, et avec le départ des Nordiques.
Ce soir là, ma grande amie accouchait de son premier fils. Et son gynéco écoutait le match… elle, contraction sur contraction sans dilatation, sans épidurale, a fini par avoir une césarienne après le match. Puis-je te dire qu’elle se rappelle de ce soir-là mieux que quiconque?
Ouch !!! Jamais une bonne date le week end de Paques pour accoucher. Je connais une fille qui n’a pas eu d’épidurale aussi, parce que le lundi saint, les anesthésistes se faisaient rare dans son coin.
Chère Félée,
Ah, les supporters actuels devraient en prendre de la graine: attraper une crise d’apoplexie, comme ton oncle, est quand même plus “classe” que d’aller casser des vitrines et tabasser des passants!
Le bon vieux temps était quand même mieux!
Amitiés
Haaa, que de souvenirs. J’avais 12 ans et on avait rencontré Hunter dans un évènement l’été suivant. Je ne voulais pas aller le voir j’avais peur qu’il me frappe à cause de mon gilet du Canadiens!
que reste t’il de cela, pour Québec des souvenirs et pour Montréal et bien ils ont encore leurs Canadiens
Des souvenirs oui ! Mais aussi la satisfaction d’avoir vécu une époque. Le dernier match au Colisé, le dernier match Canadiens-Nordiques au Forum, les Stasny, je suis contente d’avoir vécu ça. Sans être une maniaque de hockey, j’aime bien connaitre mon histoire, même le côté sportif.
Le but n’était pas bon.
*La Fêlée prends note de la mauvaise foi du mammouth *