Pour vous Madame B de Québec
avril 15, 2008 par lafelee
Pour certaines, la maternité n’est pas qu’une suite de crises de larmes et de questionnements sans fin et un bébé qui hurle du matin au soir. Pour certaines ça va bien. C’est inné (si ça se peut) ou alors elles ont su faire preuve d’organisation, ou encore elles sont juste chanceuses. Celles-là, elles n’ont pas besoin d’aide, au contraire, elle ont envie d’apporter leur aide à d’autres. C’est louable. En congé de maternité, avec plein de temps libre, de vouloir le mettre au service de la communauté ce temps. Si la conciliation travail-famille existe, la conciliation bénévolat-famille doit bien être possible aussi.
Sûrement que se tourner vers des organismes en lien avec les familles à ce moment serait la meilleure idée, sauf que ce n’est ni dans les goûts ni dans les compétences de chacune. C’est là que le problème arrive. Comme quand vous allez au restaurant huppé avec bébé et que vous vous retrouvez assis à la table près des toilettes, pour ne pas déranger. Comme au cinéma quand votre enfant hurle et que ce n’est pas une scéance poupon. Comme vos amis qui n’ont pas d’enfants et qui ne vous invite plus à souper depuis que vous avez le votre. Un enfant ça dérange. Ce n’est pas bienvenu partout. Vous êtes alors condamnée à n’être qu’une mère, rien de plus, avec tout le péjoratif que cela sous-entend. Puis vous apprenez le sens des mots Isolement, Inutile, Inapte.
Madame B, j’ai lu votre lettre ouverte dans le journal ce matin. Je ne crois pas que vous lirez ce billet, mais je voulais quand même vous dire que je vous ai lu. J’espère que l’ignorance que vous rencontrez sur votre route ne vous fera pas mettre de côté à jamais votre désir de vous impliquer dans votre communauté. Vous êtes une maman privilégiée, d’avoir du temps et de l’énergie à donner. On est jamais assez riche comme société pour refuser ce don. Il existe tant d’autres endroits où vous pouvez vous rendre utile Madame B. Oh bien sûr le “follow spot” n’est pas braqué en permanence sur ces autres endroits, mais le besoin y est, permanent et criant.
Puis un jour Madame B, un jour peut-être, je vous raconterai l’histoire d’une aide bénévole refusée, et tout ce que ça a eu comme impact dans la vie de plusieurs personnes. Une bien belle histoire pour sourire, un jour.




”Oh bien sûr le “follow spot” n’est pas braqué en permanence sur ces autres endroits, mais le besoin y est, permanent et criant.”
Oh que si, et d’arriver à donner des couleurs à des sentiments au besoin d’urgence ca nous permet de sortir de nous, d’adapter nos cotés ”inaptes” en éclairant les failles de leur utilité… Ca permet à la société de se remettre en question quand elle pousse la fontaine de jouvence à siéger à côté de la merde et quand elle critique l’écho de la vie en plein milieu d’une séance qui visait à s’y ancrer davantage…
L’espoir on la fiche parfois bien loin, question d’éviter d’avoir à se surpasser, question de se faire croire qu’on a pas à s’ajuster… La merde c’est bon pour ceux qui savent la côtoyer m’dame, c’est pour ca que c’est les guerrières qu’on assoit à ses côtés
Je ne tombe par sur l’article en suivant le lien et je ne l’ai pas trouvé.
Je voulais aussi dire que des amis “qui n’ont pas d’enfants et qui ne vous invite plus à souper depuis que vous avez le votre”, ce ne sont pas des vrais amis.
Hortensia, ou yab avais-je la tête ce matin ?!?! J’ai corrigé, merci de me l’avoir fait remarquer.
Mandoline, vous parlez bien vous mam’zelle.
@Hortensia et Fêlée: Il ne faudrait pas oublier aussi les amis qui ne vous invitent plus maintenant qu’ils ont des enfants et pas vous! Ils se font des partys de poussettes auxquels les non-mamans ne sont pas conviées! Mais j’oubliais, eux, ils ont l’excuse de manquer de temps.
Héhé ! Moi je suis comme Malika : pour l’instant, je constate surtout les pousettes partys auxquelles nous autres, couples sans enfants, ne sommes pas conviés. Et jusqu’ici, on continue d’inviter nos amis avec enfants, et on fait mieux, parce que sinon, on n’inviterait plus jamais personne !
Mais bref, la solitude des nouvelles mamans, je veux bien y croire, elle est parfois criante… D’autant que même les papas ne comprennent pas nécessairement l’isolement dans lequel se sent plongée une maman qui “ne fait que” s’occuper de son enfant.
Non seulement on ne reconnaît pas son travail, son apport à la société, mais en plus effectivement, on essaye de se protéger des éventuelles nuisances inhérentes à la présence d’un enfant en bas âge…
J’ai hâte de lire ton histoire d’aide bénévole refusée…
Malika, il existe aussi les autres, ceux qui t’aiment avant et après les enfants, que tu en aies ou pas. Ils sont bien ceux là, ce sont tes vrais amis. Ils sont authentique avec toi et n’en attendent pas moins de toi.
Caro, nuisance ! C’est le mot que je cherchais ce matin !
Finalement, l’idée, c’est encore et toujours de respecter ce que vivent les autres et d’avoir un peu d’empathie (très simple sur papier, mais pas toujours dans les faits).
Quant à la lettre ouverte de la dame, je comprends qu’elle se sente exclue…
Un billet de femme! Je les aime bien ceux là
Me font me permettre de ressortir un peu de ma féminité. Pas trop là on s’entends.
En ce qui concerne les amis, c’est trop vrai! Ils ont tous disparu!!! Mais bon, je n’ai plus le temps de toute façon. Mais au moins, ça va m’avoir permis de voir qui sont les VRAIS amis…. il m’en reste 1… une chance, mon chéri a des amis parents eux-aussi!!
Tu la connais je crois cette Madame B… Tu dois l’avoir croisé au 2e étage de la batisse qu’on connait toutes les 2…
Ysa,
le monde est petit ! Je ne la connais pas tu vois, c’est une grande bâtisse
et j’y suis pas souvent.
Mmm je me souviens d’un temps pas si lointain où j’avais, quelle drôle d’idée, décidé de rester à la maison pour prendre soin des gamins. Si j’ai été gâtée au niveau bénévolat et engagement social, si les vrais amis (avec ou sans gamins) sont restés, combien de fois ai-je vu rapidement un dos. Explication: on te présente quelqu’un, et automatiquement on te demande tu fais quoi dans la vie? Au début je disais maman à temps plein. J’en ai vu des dos!!! Puis j’ai commencé à dire: gestionnaire de votre portefeuille de vieillesse…Y zont pas compris…Tant pis!
La Louve, je comprends donc ce que tu dis. Avant j’étais acheteur chez X. Puis après je suis “juste maman à plein temps”. Les réactions ne sont pas les mêmes, mais pas pantoute ! Pourtant je suis la même personne, en moins stressée.
Des fois, je prends un malin plaisir, selon les personnes que je rencontre, à leur dire que je suis “juste maman à la maison” tout en sachant très bien que ces personnes réagiraient différemment en sachant que je siège sur le CA de l’organisme X qui a une belle mission communautaire ect. Mais justement, s’ils sont pour m’apprécier pour ce que je fais et non ce que je suis, je n’ai pas besoin qu’ils m’apprécient. Tant pis !
Il est vrai que je croyais entrer dans le club “sélect” des mamans alors que dans plusieurs situations, on cherchait d’avantage à m’isoler.. Je me suis aussi trouvé assise près des toilettes pour ne pas “déranger les autres”… :)Un jour, on m’a fait presque remarqué que j’étais une bonne maman mais que “je ne pouvais plus être autre chose” et ça m’a rendue perplexe, comme si la maternité m’avait rendue débile profonde… Bon… Je sais bien que “gaga gougou” n’est pas un grand stimulant intellectuel pour le cerveau adulte mais je crois quand même ne pas avoir tout perdu
Pas facile de reprendre aussi sa place dans la société, sans renier que nous sommes aussi un maman comblée!