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Je réponds

mai 9, 2008

Hier matin j’ai eu “le call”. L’appel de la nature, le vrai. En mettant le nez dehors, l’air froid et humide me disait matin de camping. Oui oui ça fait maso, air froid et humide dans la même phrase que camping, mais je vous jure que le call était assez fort pour que malgré que j’essaye de ne pas le dire, je finisse par me retrouver jammée à pas savoir quoi dire d’autre et que maintenant que je le fais, c’est pas sans émotion.

Peut-être que certains d’entres vous le savez, ce que ça fait de se lever le nez glacé dans l’air du matin. De sortir les pieds dans la rosée. De partir le feu avec des bûches humides pour obtenir un café. De le boire en faisant rien d’autre. Rien. De passer la journée à prendre plus de temps pour faire tout qui se fait si vite à la maison. De se coucher après la dernière bûche, dans un sac de couchage un peu humide, avec le petit coin de moustiquaire ouvert pour avoir une draft de vent sur le nez et de finir par se mettre la tête en dessous du sac de couchage la nuit parce qu’il fait froid tout d’un coup. De se réveiller avec les premiers rayons de soleil et les premiers pépiements d’oiseau. À tout moment la liberté d’être sans paraître.

Pas de télévision. Pas de téléphone. Pas d’ordinateur, ni même de palm surtout pas de blackberry qui ne méritent même pas de majuscule ici. Pas d’électricité. Pas d’eau courante. Pas de mirroir. Pas de grand luxe ni de grand confort, l’essentiel devenant le confort. Pas d’excès parce que les ressources sont précieuses. Pas de course parce que tout d’un coup le temps est la ressource en abondance. Le mode survie prend son vrai sens, pas celui qu’il prend dans la course folle de nos vies. Vivre calmement, simplement, en respect avec l’environnement, avec la nature, avec la nature de ce que je suis. Je suis pas fonctionnelle dans le superficiel, j’ai besoin de me faire ça simple. J’ai peur de tout mais jamais de dormir dans une tente loin de tout.

Hier matin j’ai eu le call donc. Je veux partir. C’est comme l’oiseau migrateur, comme les oies que j’aime tant à regarder, elles partent quand elles sentent l’appel. J’en ai besoin ça me démange, j’oserais dire ça me fait mal. Je veux pas fuir je veux vivre. Si c’était pour aller dans l’sud, je me mettrais “stand by sur un dernière minute” mais c’est pas du tout ce dont j’ai besoin. J’ai juste besoin de répondre à l’appel, du moins de savoir que le peux bientôt. Avant de m’encroûter, avant que ça devienne une autre chose “trop de trouble je vais laisser faire”, avant de plus l’entendre le call, avant d’être vieille pour vrai. Ironiquement, pour accéder à la seule vraie ressource innépuisable dans la nature -le temps- il me le manque ce temps, en ce moment.

12 comments to “Je réponds”

  1. J’ai même pensé installer ca demain moi, dans la cour, en bordure de la 117 (puisqu’on l’entend de la maison)…Juste pour faire comme si, parce que des fois ca devient juste trop d’avoir tout sans être capable d’en profiter…

    Peut-être que vous devriez devenir ”pro” en lancer du blackberry… Du moins, z’avez le droit d’y rêver…

    Bonne nuit m’dame.. Je vous le souhaite votre moment de paix et de retrouvaille avec vous même, dans toute la simplicité que vous convoitez ;)


  2. Je me contente de lancer le miens de cellulaire. Mon dossier ;). Je suis pas mal bonne pour le lancer sans le briser !


  3. Chère Félée,
    “Lorsqu’un grand changement s’opère dans la condition humaine, il amène par degrés un changement correspondant dans les conceptions humaines” (Taine)
    Pour l’eau, le gaz, l’électricité et les téléphones, c’est facile: tu coupes les compteurs et déconnectes. Le GSM et les ordinateurs portables se couperont d’eux-mêmes dès que les batteries seront vides.
    Pour le sac de couchage, tu en as un!
    Les légumes et fruits, tu peux en cultiver (pas tout car les patates occuperaient toute la surface disponible) dans ton jardinet comme je le fais… (Les voisins qui ne cultivent que des fleurs et du gazon, en rient.)
    Ayant apprécié ta féminité (ton immense château et ta garde-robe vus dans tes bulletins de nouvelles), je doute, malgré tout, que tu ne restes longtemps vivre comme Jane avec ton Tarzan! A ce moment, ce sera l’appel de la civilisation qui sera le plus fort…
    Amitiés


  4. et pour avoir ce petit bout de bonheur, il en faudrait combien de temps ??? c’est sûr que ça nous manque, à tous…


  5. Armand, si on devait parier là dessus, vous pourriez perdre. ;)

    Jenfi, euh.. je me contenterai de ce qui se possible, c’est de toute façon jamais assez long à mon goût. :lol:


  6. Le temps que je lise ton billet, le temps s’est ralenti et j’ai pu prendre une grande respiration, enfin, c’est en plein ce dont j’avais besoin!


  7. J’aurais pas pu faire une meilleure description du bonheur.

    Coïncidence, faut que j’aille sortir ma tente-roulotte de l’entreposage
    aujourd’hui.

    Des vacances pour toi aussi. Je te les souhaite.

    -pdfn


  8. La belle lurette, merci d’avoir pris le temps !

    pdfn, c’est vrai, à le relire, si j’avais voulu décrire ce qui fait mon bonheur, je pense pas que j’aurais pu faire mieux.


  9. Moi c’est d’un road trip dont j’ai envie ces jours-ci. Voir un bout de chemin pour la première fois et découvrir un coin de pays. Changer de paysage, simplement. Manque de temps ici aussi. Mais j’ai espoir, ça viendra :)

    Je dois avouer quand même que ta description de la vie sauvage donne le goût de faire du camping aussi. C’est pour bientôt j’espère, pour toi autant que pour moi.


  10. Oh, je comprends, ça m’arrive au moins une fois par mois!! QUoique ce ne soit pas pareil, je me fais du Québec une idée plus sauvage que la campagne française toute jolie et travaillée dans tous les recoins, mais c”est l’idée. Sauf que ça ne tient jamais…J’ai jamais essayé le camping, mais même avec une chambre et l’eau courante, je craque. je voudrais ne pas craquer !! Mais j’ai autant envie d’être en ville quand je suis à la campagne qu’à la campagne quand je suis en ville !


  11. Pas de téléphone pas d’ordinateur… ça me fait penser à True North, de Jim Harrison. L’aventure la vraie. Et si tu tombes sur un ours?


  12. Sicame, oh oui un road trip aussi, c’est une autre forme de petit bonheur qui, avec le temps, finit par être oublié, faute de moeyns, faute de temps, ça devient le souvenir de ce qui faisait plaisir.

    Fanette, le Québec est une terre peuplée de bestioles sauvages et dangereuses ouep, sauf qu’on ne les retrouve pas en campagne, plutôt au centre ville. ;)
    Si on tombait sur un ours? Eh ben, on verra quand ça arrivera !


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