Puce, la découverte de la peur
mai 14, 2008 par lafelee
J’ai passé ma petite enfance sans connaitre la peur. Je suis insouciante de nature mais en plus je sais que je suis privilégiée, j’ai grandit dans un espèce de cocon étendu. Même à l’adolescence, mis à part la peur du jugement des pairs (pffft je suis une fille quoi), je ne connaissais pas la peur, celle sournoise, reliée à l’intimidation, à la violence dans mon milieu. Soit cette violence n’existait pas (uh?) soit je ne la voyais pas. Je ne me souviens pas de menaces avant l’âge vénérable de 22 ans. Je ne me souviens pas de taxage, non pas du tout. D’ailleurs ce mot n’existait même pas. Bah évidemment à l’école des fois les gars se tapaient dessus mais c’était fait en suivant des règles : on tape pas le gars à terre, on tape pas de dos, on tape pas à 10 sur un, des règles normales quoi. Il y avait dans ces réglements de comptes un sens de l’honneur, comme il y avait un respect mêlé de crainte envers l’autorité, envers plus âgé que nous. Je savais pas qu’il y avait une date d’expiration là-dessus. C’était quand dites-moi?
Puce a une enfance différente de la mienne. Dans son monde, il existe le divorce. Mais il y a aussi le taxage, l’intimidation, la violence tant verbale que physique dans le milieu scolaire. Elle sait que des méchants se pointent au coin des rues pour y enlever les petites filles. Elle sait que des méchants désaxés peuvent avoir envie de toucher de manière inappropriée un enfant. Elle sait que la guerre existe, bien qu’elle n’arrive pas à comprendre pourquoi . Elle sait que quand elle aura des relations sexuelles elle pourrait en mourir si elle ne se protégeait pas. Puis depuis hier, elle sait que dans notre rue, nous avons maintenant affaire à un petit groupe de jeunes pas futés qui aiment à jouer les gros bras à petite cervelle. Nous on le sait depuis la semaine dernière, ayant eu affaire à eux, de jour comme de soir, assez pour comprendre que la discussion était impossible avec eux. Ils ne veulent pas jaser, ils veulent faire chier et trouver ça drôle.
Elle attendait l’autobus hier midi la Puce. Le petit groupe est passé près d’elle, ce même petit groupe qui, depuis la semaine dernière, passe dans la rue en courant sur les terrains des gens, en sautant sur les clôtures et les balcons (ouais le notre inclus) en gueulant comme des perdus… tout ça sur l’heure du diner. Donc hier, un de ceux là, qui avait même un truc lui couvrant le visage, lui a dit:
Je va faire exploser ta maison !
Hier soir on a bien un peu essayer de jaser avec quelques uns d’entres eux qui sont repassés dans la rue. Rien à faire. Que de l’insolence de leur part, zéro réceptivité. Puce avait la trouille, accroupie à côté du divan, ne voulant surtout pas que son visage soit associé à cet épisode pour eux. C’est qu’elle craint que ce midi ou un autre midi, s’ils devaient la reconnaitre sur le coin de la rue, ils ne lui fassent sa fête ou ne la fasse exploser pour vrai sa maison. Je lui ai expliqué l’intimidation, l’importance de ne pas se taire par peur, lui ai expliqué aussi qu’on allait pas les laisser faire la loi dans le quartier.
Vous vous demandez ils ont quel âges ces petits voyoux? Entre 9 et 12 ans tout au plus. Ouais c’est une honte. Et ça fait peur surtout, qu’à cet âge ce comportement soit présent. Je vous épargne les détails du comportement mais je vous le dit, on croirait avoir affaire à un gang de rue du centre-ville… on est en banlieue joualvert presque la campagne ! Permettez moi de m’inquiéter de leur avenir à ces chérubins et de questionner… Qu’est-ce que les parents de ces enfants sont comme modèles? Ou sont-ils? Savent-ils?




En devenant mère, on apprend la peur. Pas pour nous, pour nos enfants. J’ai toujours peur, même si j’arrive à contrôler en partie. Et plus Merveille grandit, plus les raisons d’avoir peur s’accumulent. En même temps, je sais que je ne pourrai pas la protéger contre tout. Je peux juste lui donner les meilleurs outils, et espérer.
Je trouve ça profondément injuste de penser que nos enfants vivent dans un monde où l’innocence n’est plus permise. Ils savent trop de choses, trop vite. Et tout comme toi, je me demande où sont les parents: avons-nous abdiqué nos responsabilités parce que nous-même pris dans nos obligations?
Merci pour ce texte…
Je suis un idiot.
Je dis ça pour éviter les réactions à ce que je vais dire.
Je suis français aussi, ceci explique en partie cela.
Face à ce genre de comportement, je trouve qu’il n’y a aucune question à se poser, aucune discussion à engager.
Si une telle chose arrivait chez moi, j’en attraperai un, le plus bravard de la troupe, et je lui foutrait un allez-retour tellement puissant dans la face que même si je le ratait, rien qu’avec le vent il attraperait un rhume.
Rien à faire des plaintes, rien à faire des “t’as pas le droit de toucher un enfant”, rien à faire de “la fessée c’est pas une bonne manière pour éduquer”.
J’en ai pris des claques et résultat : à part une grande gueule, je suis socialisé. Pas sûr que les parents démissionnaires de ces p’tits mongols leur en mette. Et force est de constater qu’ils ne sont visiblement pas socialisés.
Ceci est un raisonnement par l’absurde complètement absurde.
Mais ça défoule.
Chère Jacynthe,
Les enfants ont une notion du danger différente de la notre.
Sais-tu, par exemple, que quand un enfant a échappé à un automobiliste pressé, son coeur n’accélère même pas.
Celui de sa Maman, par contre…
La peur du père fouettard est probablement plus forte que celle de rencontrer un pédophile…
Amitiés
Pssst Armand, j’crois que tu t’es trompé mec
J’aime bien le commentaire de biggnou moi. Faut juste que j’apprenne à me contrôler
Cher Drew,
Je viens de m’en rendre compte car ton épouse vient d’écrire un article et je ne trouvais pas mon commentaire…
Amitiés!
Il ne faut pas généraliser que les parents de ces morveux s’en foutent nécessairement. Dans mon ancien quartier, en pleine hiver, je m’étais fait défoncer ma boite au lettres par des ti-cul habitants 4 ou 5 maisons plus loin. Je n’ai eu qu’à suivre les pas dans la neige pour trouver les coupables. Les parents avisés qu’à la prochaine niaiserie la police serait informé et que la facture des dommages suivrait, je n’ai plus eu de troubles avec eux.
Aviser les parents, c’est une première voie à suivre je crois.
Je serai à leur école d’ici demain, avec le directeur aussi, avec les parents ensuite, ça commence, pis je suis loin d’avoir fini! Te le jure! En ai ma claque!
apparemment, tu n’es pas dans un quartier où les parents ont démissionné ou, pire, ont peur de leurs enfants, comme on en connait, hélas… je suis relativement d’avis avec biggnou et drew… y a pas forcément besoin de torgnoler mais puisque la discussion ne passe pas, une petite tirée d’oreille du “chef” devant sa troupe devrait suffire à remettre de l’ordre. pour s’en convaincre, il suffit de leur rappeler qu’après tout, c’est eux qui ont commencé, ça ils comprennent encore…
The man came up with a plan….
Nous allons faire en sorte que ça se passe en douceur, faut quand même pas les révolter non plus, mais assez fermement pour avoir une tite frousse et prendre conscience qu’il y a une société autour d’eux.
Pis aussi que le calme revienne dans la rue.
À suivre donc !
Yes !
Au moins je me fais pas dire “maudit français malade dans sa tête retourne dans ton pays sale voleur de job traumatiseur d’enfants”
Ouf…
Mais c’est vrai que le plan de l’ex-ivrogne est bien meilleur. Bonne chance pour la suite, lâchez pas !
Sur mon premier commentaire je rajoute deux choses :
1/ cette solution n’est que la toute dernière à utiliser, après la discussion (infructueuse ici) et la pression sociale (cad le plan du boss qu’en a sa claque).
2/ comme le dit Drew, le plus dur est de se contrôler. Je ne veux pas passer pour un malade non plus, le plus délicat est de 1/ ne pas frapper trop fort et 2/ de savoir s’arrêter après la première gifle.
C’est le self-control quoi, le bon jugement aussi…
Bon, je retourne torturer le chat de mon voisin moi… il lui reste pas beaucoup de temps à vivre, faut que j’en tire le maximum…
Oh les ptits tabarnaks!!!
C’est tout ce que j’avais à dire sur le sujet
Merci de mettre des mots sur ma peur à moi… Et de trouver une solution pour que ca cesse… J’ai mis des petits garcons au monde, j’imagine pas ce qu’ils auront à endurer…
Bon je suis revenue bredouille de ma partie du plan. Je pensais qu’ils avaient été plus wise que moi les p’tits anges… mais non, je les ai pas vus ici parce que Chéri les a interceptés plus haut dans le quartier.
Mais non il en a pas mangé un pour le lunch.
Il en a mangé deux parce qu’il avait très faim?
Excellente analyse bien de chez nous biggnou!!! Moi les baffes, j’en ai pris, donc je sais ce que c’est. Je suis d’une génération où même renverser un verre sur la table se résumait à une torgnole qui claque que même-t’as-pas-le-temps-de-la-voir-venir-la- vache!!!!…
Je n’ai pas reproduit (car il y a baffe et baffe, hein???)… celle que ces gamins mériteraient me semble justifiée. Moi je ne les louperai pas, je me connais…
Gros calin à Puce…
Puis quand on parle aux parents c est jamais la faute de leurs jeunes. C est se qui me purge le plus. Apres les parents font tout pour de rabaisser devant leurs enfants quand tu expliques se qui se passe. Nous avons beau essayer des choses a l ecole pour que les jeunes comprenne pis a cause de certain parents le tout passe dans le beurre.
Mon chum dit souvent, le respect est induit par la peur d’abord. Comme prof je ne peux pas appliquer cela mais dans certains cas, oh comme il a raison! Ces gamins ne sont que des gamins, le groupe leur donne une force qui n’est pas véridique.
La violence au primaire, oui je me demande si les parents savent, moi j’irais les voir, si je savais où ils habitent, ils doivent savoir!!
C’est fou, mais je ne peux m’empêcher de remarquer que deux commentaires font référence à des profs frustrés…
Ma conjointe est prof elle aussi, et je le vois tous les jours qu’elle est frustrée.
Je lui dit souvent : gueule leur dessus, tire une oreille, montre qui c’est qui a l’autorité. Et chaque fois elle me dit que non, c’est pas comme ça qu’il faut faire, qu’elle a pas le droit gnagnagna.
J’y vois un lien direct de cause à effet : société démissionnaire ne récolte que ce qu’elle mérite. Et c’est ces petites graines de voyous qui paieront nos retraites ?
Débat de société nécessaire. J’aime la polémique.
Si ce sont des enfants du quartier… alors les parents le sont aussi. Ils sont sûrement déjà au courant des agissements de leurs enfants.Et pourant…
Voilà qui ne rassure en rien!
Moi, ce qui me fait peur dans ce genre de situation, c’est la façon dont peuvent se venger ces ados (qui se croient au dessus de tout et de tous) une fois confrontés.
Ce que je trouve dommage, c’est que pas un seul des parents “qui s’en balance” ne viendra lire ici.
C’est un dossier à suivre encore.
Rien pour me rassurer face à ce que l’avenir peut réserver à mon petit amour encore inconscient envers tout ce que la vie lui réservera… il n’a que 6 mois et je crains déjà tous ces moments-là…
Par contre, n’oublions pas que pour quelques uns de ces gamins mal élevés il y a cent enfants extraordinaires qui ne demandent qu’à tendre la main à votre puce pour l’aider à affronter le monde.
Orkyday, bienvenue par chez nous.
Bibco, oui oui… c’est comme 23 heures de bonheur et une heure d’inconfort. On retient plus souvent que la journée à été marquée d’un inconfort.
Je dirai comme Orkyday, j’ai peur de l’avenir quand je vois ça. Car, en tant que parent, tu fais tout pour bien élevé tes enfants. Mais, ce n’est pas le cas de tous les parents et il y a les cas aussi où les parents sont impuissants devant leur enfant. Ils essaient de tout faire pour les amener dans le droit chemin, mais l’influence des autres est trop forte et certains se laissent entrainer.
Ça me fait peur…