Le décors est à votre goût. L’ambiance est chaleureuse ou électrique, c’est selon votre humeur. Vous êtes tous là, assis bien sagement à chacun votre place ou sinon à vous promener de table en table, à placoter ou écouter, ça importe peu. Vous êtes là c’est ce qui compte. Ce qui est bien, c’est que vous avez même pas eu besoin d’invitation pour y être, vous étiez libre d’y venir et d’en repartir. Tout le monde semble être civilisé, les bonnes manières ne sont pas requises, qu’un peu de civisme et de bonne volonté et le tour est joué. La cravate n’est pas obligatoire, pas plus que la robe longue ne l’est. Du moment que vous êtes habillé, personne ne se formalise de ce que vous portez. Oh bien sûr, tout ceux qui y sont ne sont pas vos amis, vos fans ou vos préférés, mais vous savez fort bien que puisque la place est ouverte, vous ne pouvez pas sélectionner qui s’y trouve. Alors vous faites avec, faute de pouvoir faire autrement.
On est chez qui? Personne en particulier. On est ou? Nulle part. On fait quoi? On est là, c’est pas déjà assez? C’était quand? Euh tout le temps, en permanence.
Vous avez bien sûr repéré rapidement vos préférés, et moi aussi. C’est avec eux que vous aimez rigoler ou pleurer, selon votre humeur ou la leur. Il arrivera que vous serez intéressés par leurs intérêts, que vous souhaiterez en savoir plus sur eux, leurs goûts, leurs idées, que même vous allez emprunter leur mimiques ou vouloir magasiner à la même place qu’eux. Avec certains vous serez plus à l’aise de badiner, avec d’autres vous y aller pour du concret, de la profonde réflexion, vous mettez vos trippes sur la table parce que vous savez qu’ils vous comprennent. Puis bien sur il y a ceux avec qui vous aimez pelleter des nuages, lancer une grossièreté, fabuler ou rêver. Oh mais c’est loin d’être parfait cet endroit, il y a la matante au parfum cheap, le mononc’ qui pue du bec, l’hystérique qui vous énerve, le dépressif qui vous déprime, la grande gueule qui parle trop et trop fort et il y a vous et moi, avec nos côtés moins reluisants aussi qu’on traine avec nous, qui font partie de nous peu importe ou l’on se trouve.
Une réunion d’amis, de connaissances, de citoyens de la même planète numérique. Un endroit où personne n’est roi et tout le monde règne sur ses pixels.
Un endroit où je peux faire et dire ce que bon me semble du moment que ça respecte mes valeurs humaines et les règles de civisme communes. Un endroit où mes mots ne sont ni blessants, ni offensants, ni destructeurs, par exprès jamais, accidentellement le moins possible. Un endroit où je suis libre d’aller et venir chez vous et chez nous “sans compter les tours”. Un endroit où je peux choisir de me taire ou sinon de sortir mes guimauves et mes saucisses pis de me tirer une bûche. Un endroit où je peux utiliser mes mots pour réconforter au lieu de provoquer, pour partager au lieu de médire, pour approfondir au lieu de me borner, pour rire de moi au lieu de rire des autres. Un endroit où je sais que je trouverai un sourire, un délire, puis un mirroir qui ne me renverra pas seulement que mon beau reflet. Un endroit où je découvre le monde sous plusieurs angles, et où je laisse le monde me découvrir selon l’angle que je veux bien montrer. Surtout c’est un endroit où il y a de tout, pour tous.
On l’appelle blogosphère (sans U oui oui !) parce que comme la sphère, c’est infini. Quand on pense y avoir tout connu c’est qu’on est passé à côté d’une particule. C’est ce que je suis, une autre particule parmis les millions qui la composent. Je fais partie d’une petite sphère que j’apprécie, qui elle touche à une autre sphère que je connais moins, qui touche à une autre sphère que je ne connais pas, qui touche à… vous saisissez. Particule dans l’univers pixelique dont on ne voit jamais la fin.
Ce billet a été commencé lundi… puis mis de côté faute de temps et faute de mots et même d’image! Mais la discussion chez Noisette m’a redonné envie de le terminer. Puis quand on demande si gentiment, comment refuser.






Wow ! Plus qu’heureux de voir que vous avez fait ce billet, ma foi, fort de bon goût, intéressant comme l’est cette discussion en général. Votre dernière partie n’aurait su être plus exacte: ma petite (et toute jeune sphère du blogue) aura touchée celle de Noisette sociale qui aura touchée la vôtre et ainsi de suite.
J’aime de plus en plus la blogosphère et avoir été cité par une grande figure du blogue, ça me touche beaucoup. D’ailleurs, ça me fait penser à une correction que je dois faire incessamment sur le mien… (À suivre…
)
C’est un très beau texte, très imagé et très coloré. J’aime tout particulièrement le passage suivant :
“Oh mais c’est loin d’être parfait cet endroit, il y a la matante au parfum cheap, le mononc’ qui pue du bec, l’hystérique qui vous énerve, le dépressif qui vous déprime, la grande gueule qui parle trop et trop fort et il y a vous et moi, avec nos côtés moins reluisants aussi qu’on traine avec nous, qui font partie de nous peu importe ou l’on se trouve.”
Dans le fond, la blogosphère, c’est le reflet de la société mais à plus petite échelle. Je crois que pas mal toutes les strates sociales sont représentées, les différents caractères… Ceux qui savent vivre et ceux qui ne savent pas
Ceux qui entrent chez nous sans s’essuyer les pieds et en passant tout de suite une remarque sur notre ménage qui n’est pas fait à leur goût…
Satellite Voyageur, ohhh hey grande figure du blogue? Euhhh pas certaine là. M’enfin. Vous m’appellerez Madame si ça vous va.
Plus sérieusement, j’aimerais lire la vision de d’autres blogueurs aussi parce que forcément pour chacun la définiton sera différente.
Noisette, pour que tout puisse cohabiter dans ma sphère, je tente de me rappeler que “On entre chez quelqu’un par sa porte à lui et non par la nôtre.”
Criant de vérité. J’aime beaucoup les images utilisées.
Sublime ce billet
Tout simplement!
Impressionnant de vérité!
« Un endroit où je peux utiliser mes mots pour réconforter au lieu de provoquer, pour partager au lieu de médire, pour approfondir au lieu de me borner, pour rire de moi au lieu de rire des autres. »
Je comprends tout à fait de quoi tu parles…
Le pire, c’est que certains trouvent que de privilégier le positif dans la vie est ennuyant!
Pour la faute du U dans « blogosphère », je n’ai pas eu le choix, c’était offert sur un plateau d’argent pour piquer l’autre, pas vous, désolé…
Chère Fêlée,
Une particularité des blogs: normalement, on ne se connaît pas dans la vie réelle et cela change pas mal de choses car on se présente toujours sous son meilleur jour.
Je n’ai éprouvé le besoin de faire “traverser le miroir” qu’à une seule personne (car elle arrêtait son blog). J’ignorais tout de sa vie familiale, tout comme elle ignorait mon passé.
Cela s’est bien passé et la dame a fait connaissance avec mon épouse. Nous communiquons maintenant par mail.
Je suppose que tu as aussi appris pas mal de choses quand tu as rencontré Drew pour la première fois…
Amitiés
Choco, et que je les ai cherchées les images… ! Quand c’est trop précis ce qu’on cherche, on trouve pas rapidement. Comme les maillots de bain !
Drew, euh, béat? lol ok, tu peux remonter ton menton vers la partie supérieure de ta bouche. Voilà, comme ça. Et merci !
Renart, bah vérité, c’est la mienne. Je sais que pour d’autres c’est autrement. Pour un/une célibataire c’est une ressource sans fin, tout comme pour quelqu’un qui veut faire du trouble !
Pour le U, je ne me suis pas sentie visée, j’ai vraiment trouvé ça drôle parce que ça revient souvent dans le discours. C’est le running gag des blogueurs ;).
Armand, il est évident que de cotoyer en vrai des personnes qu’on a connu par le blogue, ça apporte une dimension autre à la relation. Comme pour Drew par exemple, j’ai vu la première fois qu’il pouvait être sans pitié avec un poisson.
Je parlais plus de vérité dans le sens de véracité, dans le sens où tu décris bien la “cosmologie” de la blogosphère.
Ahhhh ! Ah ! Les mots…
qu’on est bien parmi vous…
Très joli billet… je me suis vue passer de table en table, virtuellement, discutant avec une personne, riant avec une autre… y a tant de gens dans la blogosphère que j’aimerais voir pour de vrai…. ce qui me fait bizarre, c’est de savoir ça va se réaliser dans notre cas…
Une déesse, une grande dame de la blogosphère… euh… il parle de qui là? mouhahahaha
Jenfi, un petit coussin, un Perrier ? Ça va, il manque rien?
La Véro, ah je suis contente que vous ayez eu l’image assez pour y être. C’est un peu ça le but aussi.
Cherid’exIvrogne, …
C’et donc ben cute ce billet-là… Moi la blogosphère m’a apporter une oreille de maman pour me donner de très bon conseils à ma grande gueule de nouveau papa…
Sylvain, c’est ty pas merveilleux hein, sur la blogosphère moi je trouve des papas insécures et je peux les ensevelir sous des tonnes de conseils
à conditions qu’ils en demande.
[...] réflexions sur l’usage, l’utilité et les possibilités sociales du blogue. À lire ici, ici et ici. (overdose de franchise; vous pouvez lire en diagonale, j’ai fait la même [...]
Fort beau billet, très bien dit!
Ca fait se sentir encore mieux chez toi

Et maintenant qu’on se représente aussi votre lit, ça donnerait presque envie de venir faire la sieste pendant que vous vous escrimez pour nous sortir notre JT3D tant attendu