Il faut avoir été trompée pour comprendre. Trompée sur une longue période, sans le savoir. Puis le jour où on découvre le pot aux roses, on se dit Doh! et toutes les pièces du casse-tête se mettent en place. On comprend. On comprend que c’était donc pour ça les nuits blanches, les nouvelles occasions de sortir, les attitudes étranges. C’était pour ça son impatience et même son agressivité inexpliquée envers nous. C’était pour ça son silence malgré nos tentatives de communication, même que chaque tentative nous valait un silence de plus, une impatience de plus. À se dire qu’on doit être vraiment moche après tout, pour qu’il préfère s’emmurer ou s’éloigner comme ça. À se demander ce qu’on a bien pu faire pour que dans la même minute il puisse être si gentil avec une personne et si rude avec nous. À déstabiliser les plus solides d’entre nous. À faire douter de notre féminité, à faire remettre en question tout notre être. À gruger l’énergie au lieu de la renouveler. Nocif, corrosif, toxique.
Ça reste ce genre de souvenirs, ça reste bien imprégné dans la mémoire émotionnelle, j’oserais quasiment dire que ça s’incruste dans l’ADN. Ça créé des doutes ensuite, ça mine pas mal de confiance en soi aussi. C’est donc important de bien prendre le temps d’en guérir de cette blessure et de ne pas faire l’erreur de ne pas s’en occuper, de faire semblant que c’est pas si grave. Parce qu’ensuite la vie continue, ensuite on entre en relation avec d’autres, ensuite l’autre n’a pas à payer la facture de l’infidèle. Bien guérir, bien vivre le deuil de son orgueil, bien vivre la perte de ses illusions, bien prendre le temps de s’occuper de ses émotions. Quelqu’un a écrit: “Les émotions c’est comme les enfants; si on s’en occupe pas, elles nous occupent.” J’ai trouvé dans ce petit bout de phrase la force de finalement cesser de nier ma douleur passée et de la vivre pour pouvoir la guérir. Un peu en retard tout de même, il y a maintenant des cicatrices sur mon âme qui resteront bien fragile encore longtemps.
Je doute. Souvent. Parfois un silence suspect, parfois un signe d’impatience, parfois une réponse un peu trop vive, je doute. Les souvenirs forcément reviennent, je dois constamment me rappeler ma réalité maintenant, qui n’est pas celle d’il y a 10 ans. J’ai compris que ça ne me donne rien de fouiller les poches, je n’y trouve que des vieux kleenex. J’ai compris que ça ne donne rien d’investiguer. Celle qui me prend la bonne humeur de mon époux, qui me vole des nuits contre lui, qui me vaut parfois des répliques sèches et des silences lourds, elle ne laisse pas de trace. Elle est sournoise, elle est tenace, elle est rusée, elle est je sais, plus forte que moi. C’est plus qu’une rivale, c’est sa maîtresse de toujours, celle qui revient même quand on la croyait disparue, celle qui ramène ses parfums jusque sous son nez effrontément sans crier gare, qui ne se lassera peut-être jamais de revenir nous narguer jusque dans notre intimité. La soif, la soif d’alcool c’est de ça dont il s’agit. J’apprends à composer avec elle, puisque je ne peux la rayer de notre vie. Il l’explique mieux, il l’explique comme il la vit, c’est à lui, même si je remuerais ciel et terre pour la lui enlever et cesser d’avoir la trouille chaque fois qu’elle se pointe.









Je suis et serai toujours surpris de voir que la majorité des femmes trompées ont besoin d’une preuve en béton armé avant d’agir….
On dit qu’il est impossible de mentir aux femmes, elles s’en aperçoivent tout de suite, etc…
Pourquoi alors se cacher la tête dans le sable ?
Il vous trompe ? foutez-le dehors ! C’est simple, non ?
Woups. Je me suis mal exprimée on dirait, je vais essayer de clarifier dans le billet.
Ce n’est pas d’une femme dont il s’agit, c’est d’une SOIF, comme il l’explique dans le billet dont j’ai mis le lien dans le texte.
Wow.. J’allais dire belle histoire mais je ne sais pas si c’est vraiment ‘belle’ le mot pour la décrire mais je sais que c’est un texte qui touche plusieurs catégorie d’émotions, de gens, de situation en même temps, et pour ça c’est vraiment un beau texte.
Un billet qui se lit à même votre coeur. Très touchant. Merci pour se partage, pour cette transparence…
Vos mots, autant que les siens, ont cette force d’expression. Celle du ressenti…
Ouf…
J’avais lu le billet chez l’époux et ça m’a soufflée.
Je ne sais tellement pas quoi dire.
Je peux vous dire que je vous aime, par contre. Ça oui.
Et je vous trouve beaux de vous épauler comme ça, surtout dans les moments plus difficiles.
La soif comme maitresse ! c’est encore pire !
Une alcoolique dans ma maison? jamais !
Ni une joueuse, ni une adultère…
Le contrat était clair, au début, me semble.
Texte très touchant, superbe, je suis super émue… idem pour celui d’exivrogne aussi…
t4n, merci. C’est vrai qu’il y a plusieurs aspects abordés dans ça, surement parce que tout ne se compartimente pas aisément.
Dom, eh ben merci à toi d’être sortie un peu de ton terrier !
Noisette, c’est pas très grim dire je t’aime comme ça.
Mah on t’aime aussi woyons !
Garamond, je te souhaite de tout coeur que rien ne vienne chambarder l’équilibre dans ta vie.
peccadilles, chouette de te revoir par ici. Merci.
Vous ne vous êtes pas mal expliquée, comme vous le dites à Garamond. C’était même drôlement bien écrit pour nous laisser croire qu’il s’agissait d’une femme, jusqu’à ce qu’on réalise que la boisson est une maitresse bien plus sournoise que toutes les maitresses peuvent l’être. Vous possédez un talent évident d’écrivaine. Bravo!
Bonjour madame, votre texte est tres interessant a lire, j’aime beaucoup ! Ma femme et moi sommes sombre depuis plus d’un an . Ns avons éprouvé des moments tres difficiles . J’aimais boire de la bierre , a tout les jours avec ma femme ,a la maison .Je croyait etres en messure de controler l’alcoolisme de ma femme avec succes. Je me suis bien tromper , ca sert a rien de raisonner avec une personne donc l’alcool agit comme un total dépresseur, sa dérape conduit directement au fond du baril .
J’ai vue a travert ma femme les horreurs de cette maladie , toute la souffrances qu’elle rend aux autres , toute la destructions qu’elle engendre . Ns avons bien soufferts ,durand les deux dernieres année,finalement le résultat de nos vingt deux ans . Mais avec de l’aide ont s’en ait sortie . J’ai toujours aimé ma femme depuis déja dix sept ans ,elle a fait seulement six mois de aa, mais j’ai confience .
Merci beaucoup pour votre beau texte .
La peur est vicieuse et nous rend vulnérable. Les doutes sont ravageurs en effet.
Tu as bien décrit ce que tu vis et ce qui se passe, j’ai lu L’ex-ivrogne et je comprend, je comprend trop bien. Je me retrouve tant de fois en vous deux. Vous êtes des gens pleins de ressources.
Mes pensées sont avec vous deux
Michel, c’est très gentil de votre part ce compliment. Toutefois je vais continuer de bloguer, le monde littérairen’est pas pour moi !
Narvik, bienvenue chez nous et merci de vous faire connaitre à nous.
Jokho, t’es fine
C’est drôle comme on se ressemble des fois, sans se connaître, juste à se lire comme ça, je me retrouve souvent dans tes mots aussi.
Le vivre avec un mari doit être différent que de le vivre avec un père… j’ai donc peu de repères…
En même temps, j’ai demandé plus tard à ma mère qu’est-ce qu’il l’avait retenu après de lui. Pourquoi avoir encaissé des coups chaque soir… pourquoi avoir tout accepté… elle m’a répondu “je l’avais dans la peau”….
Je sais que tu ne subis pas de violence conjugale. L’alcool n’a pas le même visage chez tout le monde….
Je sais que ça ne doit pas être simple…
Mais sans toi, il ira encore plus mal…
Reste à savoir si tu te sens de “taille” à être sa béquille le temps que sa soif passe… car tu dois te protéger aussi.
Il ne va pas flancher…
Je vous embrasse fort tous les deux…
Chère Véro, tout d’abord tu as bien raison, il n’y a pas de violence chez nous. Pas d’alcool non plus, la soif ne mène pas automatiquement à la consommation.
Toutefois, je ne suis pas d’accord quand tu dis que sans moi il irait encore plus mal. Je refuserais cette responsabilité s’il avait eu l’idée de me la donner. Il est responsable de son état, de la gestion de ses émotions et c’est à lui qu’appartient de s’aider d’abord.
Je n’aiderais en rien en me positionnant comme sa béquille, au contraire, nous entretiendrions là une relation bien malsaine pour tous les deux.
J’ai écrit une histoire aux personnages fictifs, pas mal basée sur des faits réels, et j’ai entrepris deux projets d’écriture. Il est vrai que c’est beaucoup plus exigeant que de bloguer. Mais il y a aussi des blogueurs qui finissent par publier ce qu’ils bloguent
Chère Félée, je sais bien que tu ne veux pas être responsable de son état.. tu ne l’es pas… tout comme je sais qu’il ne touche plus d’alcool…
Ce que je sais, c’est que du jour où mon père a quitté notre domicile familial, il a connu une descente aux enfers… quand il a revu ma mère le jour de sa mort, diminué par la maladie qui avait gagné la partie, il a juste dit qu’il n’avait pas eu conscience de la chance qu’il avait eu de croiser son chemin… que boire était la seule façon d’ oublier son passé. Qu’il aurait dû vivre au présent…
Je pense que seul, il ne pouvait pas s’en sortir…
C’est d’ailleurs ce qui est arrivé…
Le souci, c’est que nous, avec lui, on sombrait…
J’espère que vous allez passer ce cap difficile…
Affectueusement…
La Félée, je suis troublée par ton texte.
Toute la difficulté est de vivre avec deux personnalités si différentes… L’une, sobre, la plupart du temps si attachante et l’autre, l’intoxiquée si imbécile et cruelle…
Je connais cet attachement et un jour, j’ai décidée de quitter le navire avec mes moussaillons car son capitaine et lui étaient pour sombrer et, en bout de ligne, c’est ce qui les a sauvés. Aujourd’hui, le capitaine et moi sommes encore amis, chacun de notre côté et, malgré avoir espérée beaucoup mieux, je ne regrette rien.
Magenta
xx
Mon lien URL ne fonctionnait pas dans le précédent message, ici il devrait fonctionner, désolée.
Michel, oui il y a de vrais talents d’écrivains qui bloguent, et ils ne sont pas tous publiés ! Je laisse ça à d’autres, j’ai une bonne idée de ce que ça demande l’écriture d’un roman et euh… je crois pas avoir cette discipline ni ce talent.
Véro, merci d’être repassée clarifier, j’avais vraiment pas tout fait les liens, bien que j’aie lue ton histoire au complet. Maintenant je comprends bien ce que tu me disais !
Magenta, tu le sais pas parce que tu n’étais pas passée lire quand j’en avais parlé, ça fait un bout déjà, mais mon époux en tant qu’intoxiqué, je le connais pas, je l’ai jamais vu. Depuis avant notre union, avant notre cohabitation, il est sobre.
Chapeau à toi, dans ta décision de partir, finalement c’était la meilleure chose à faire pour toi, les enfants et le capitaine. Parfois c’est ce que ça prend pour mettre fin au cycle, une roue dans l’engrenage qui débarque.
Merci madame pour votre accueil,j’avous que j’avais les doigts croisé ce matin. Je doit dire que depuis que ma femme et moi sommes sobres ,notres vie de couple est comme une nouvelle lune de miel . Les choses pour ns ce comportent plus positivement dans le respect et , le budget est plus prospere . J’ai l’air bien fin dans mon texte composé avec précipitations, mais je suis sur maintenant que le fait d’arreter de consommer vue le probleme de ma conjointe ma inévitablement orienter vers un bien meilleur avenir .
Cette soif donc vs parlez , j’ai eu la chance de ne pas en soufrir parcontre cette soif a été tout un combat . Qu’ elle
beau blog madame ,je suis content et ca ma fait du bien de l’écrire . Merci!
Je me rends compte que je ne suis jamais très à l’aise quand le sujet est l’alcoolisme. Il y a une ambivalence en moi. L’envie de dire que vivre avec avec l’alcool comme partenaire est impossible… et l’envie d’hurler que la personne alcoolique a besoin d’aide, d’amour et de soutien.
Je m’excuse d’être maladroite.
Ma position, mon vécu, faussent mes mots.
Je pense que lire silencieusement chez toi et chez l’ex me conviendrait mieux.
Bisous à vous deux.
Tu vois, lorsque j’ai connu le père de ma fille, il était sobre. Et un jour, il a resombré. J’ai vécu l’enfer que tu décris: la violence, l’impatience, la dissimulation, la manipulation, ‘enfer quoi. Je savais bien que quelque chose se tramait mais je ne savais l’identifier.
Puis le chat est sorti du sac. Sa maîtresse était revenue le hanter. Nous faisions désormais ménage à trois avec la cocaïne.
Je n’étais pas de taille. Je suis partie.
Aujourd’hui je crois que je ne pourrais faire confiance à un dépendant, aussi ex soit-il.
Que d’amour tu dois avoir pour lui. Et que d’amour il doit t’offrir. Vous en avez de la chance de vous avoir l’un l’autre.
[...] dans mes pixels, vous avez pris le temps de lire. C’est pour ça que je vous aime! Mais chez-elle, là où elle explique ce qu’elle ressent quand je suis dans ce genre d’état, [...]
mon dieu cétait magnifiquement bien écrit… une maitresse ou amant peut avoir tant de forme… mais la douleur sera la même et de plus la personne trompée aura le reflexe de plus être ébranlée que la personne impliquée directement.
Les excès sont souvent la barrière de très grandes souffrances impossible(a cet phase) a sortir. La vie est pour le moin difficile pour chaque personne qui vie mais n’oubliont pas que tant que l’on vie il ya une possibilité de transformer nos moments tragique en bagage positif face au futur…il suit de se donné la chance et cela est pasmal plus compliquer qu’a faire…. bravo encore