Je revendique le droit à l’imperfection. Je me lève et m’insurge contre la perfection partout. Je veux avoir droit à ma peau ridée, mon petit gras de genoux, ma cellulite, ma bedaine témoin de ma maternité et ma poitrine qui n’arrive plus à défier les lois de la gravité. Je veux être moi, naturellement, sans lifting sans chirurgie et sans petits maudits pots de crèmes à prix d’or ni esclavage de scéances de traitements pour ci et pour ça. Je me veux moi, comme je suis, je me veux naturellement imparfaite et parfaitement bien comme ça.
Je veux composter mais avoir le droit de jeter une pelure de banane à la poubelle quand le bac de compostage n’est pas déneigé. Je veux recycler mais avoir le droit de choisir de jeter la bouteille de shampoing vide parce que pour la recycler je devrais gaspiller des litres d’eau potable pour la rincer. Je veux éviter d’acheter du sur-emballage mais avoir le droit d’aimer acheter 8 petits jus emballés avec 8 petites pailles chacune emballées elles-même et le tout dans un gros emballage plastique, parce que c’est pratique en mausus des fois, surtout les fois où tous les verres de jus pour le transport sont sales parce que oui, la vaisselle aussi je veux avoir le droit de ne pas la laver religieusement dès qu’elle se présente.
J’en ai assez des magazines qui prétendent me connaître en me proposant des modèles “à mon image”. Je ne me reconnais pas non plus dans les magazines à idées qui disent viser le marché dans lequel je suis. Même quand on prétend avoir rassemblé un échantillonage représentatif de ma génération, je me retrouve plus ou moins. J’en ai marre des grands penseurs qui disent savoir ce que je vis mais qui ne vivent pas dans mes souliers. La réalité ça ne s’insère pas sur papier 81/2 x 11, ça se vit . Individuellement d’abord, collectivement ensuite et ça se philosophe mieux sans avoir fait trop d’application concrètes parce que le concret de la réalité, il est épuisant et donne sincèrement juste envie de dormir une fois que tout est fait.
J’ai 35 ans. Je vis ma réalité, avec mes imperfections, mes rêves et mes ambitions. Je viens à peine de cesser de vouloir vivre celles que mes parents me rêvaient, à leur grande déception peut-être mais à mon grand bonheur. Avant de me mettre au diapason de ce qui m’est présenté comme étant ma réalité par les médias ou par le reste de ma génération, je vais me vivre un peu. Je vais me permettre de déterminer ce que je suis au lieu de laisser des influences externes venir me le souffler à l’oreille. Je me veux moi, je ne veux pas qu’on me dise ce que je veux, je ne veux pas qu’on me dise comment je le veux. J’ai 35 ans, je sais pas toujours ce que je veux ni comment mais ça, je le sais.









Wow!
Je me dresse au front avec toi! Je ne veux pas qu’on me suggère la dermabrasion lorsqu’on regarde mes rides. Je veux qu’on me demande de raconter l’histoire qui les a creusées.
Excellent ! On a le droit à nos contradictions et nos imperfections comme tout le monde. Ça fait de nous des êtres humains fichtrement plus intéressants.
Quel beau et émouvant témoignage ! BRAVO !
Continue comme ça ! J’ai hâte de te lire quand tu auras passé le cap de la soixantaine….(C’est pire…)
Quel beau cri du coeur!
Zaz,
Charlotte, exactement !
Alex, ouep, et je trouve que c’est aussi vrai pour les hommes.
Garamond, je sais déjà que passé la soixantaine, je sera une veille chialeuse fatiguante et impossible à vivre. Pas très différente d’aujourd’hui finalement.
Noisette, ben merci !
Tu m’enlèves les mots de la bouche ( ben tu as de meilleurs mots en fait
).
Je suis totalement d’ac avec toi.
Ma crise de la trentecinquaine signe également!
J’ai une idée…
On se part un magazine de filles belles et bien dans leur peau, intelligentes, qui ont une vie, bien des choses à dire… Et pas peur de montrer leurs rides.
Félée et Charlotte et Noisette à la rédaction…
Moi, évidemment, à la mise en page…
Ça nous prend un éditeur, un photographe, un imprimeur…
D’autres talents ???
Bon, bon, je rêve peut-être ou déjà vu ?!?
Inutile de vous dire que je suis en crise existentielle aussi !!!
ne changes rien à qui tu es, tu es magnifique ma belle fèlée.
P.S. je te rends la pareille, en te lisant j’avais l’impression que tu parlais pour moi…………je t’adorrrrrre
C’est pour ça, exactement ça, que je ne me sens pas obligée de retourner écrire souvent sur intellex. Parce que peu importe, j’ai toujours une connaissance, une lecture, une amie – quelque part, qui dira exactement ce que j’ai de coincé dans la gorge, en mieux.
Amen!
Moi, je mets ma bouteille de shampoing vide non rincé dans le recyclage pour laisser l’ooooodieux de la décision de la mettre aux poubelles à quelqu’un d’autre que moi
Milou, j’avais bien pensé que ça te rejoindrais !
Magenta, lol ! Tu es visionnaire ! Ok, j’embarque, mais on est mieux de pas penser devenir riches avec ça.
Jokho, je le dis d’abord pour moi, mais si ça rejoint d’autres que moi, je me sens moins toute seule sur mon île. Je suis contente que tu aies apprécié aussi !
Intellex, ma Dodo de la blogosphère toi, j’accoterai jamais ta façon de dire les choses!
Ysa, hooooon, c’est machiavélique ton affaire. Je pense que je vais faire ça aussi maintenant. Mouhahahaha!
Et tu as complétement raison! Tu as le droit d’être toi!
La Félée, c’est pas juste que je suis visionnaire, je me cherche aussi des contrats !
J’ai bien aimé ton article. Félicitations et reste toi-même.
Bonne chance
@ Magenta: Je ne veux pas casser ton party, mais plusieurs magazines l’ont essayé et chaque fois, ils se sont retrouvés avec des flops. La majorité des femmes qui achètent des revues veulent rêver. On sait toutes que les photos sont ultra-retouchées, mais on s’imagine avec le corps de filles de 20 ans pareil même quand on en a près du double! L’acceptation de soi, c’est un idéal, mais rare sont celles qui y parviennent vraiment…
@La Fêlée: Très beau billet. Et je te lève mon chapeau pour le compostage, je ne suis pas encore rendue là…
Annie, c’est que j’ai pas ben ben d’options là dessus !
Magenta, oh, ah… hum, je peux pas beaucoup t’aider pour les contrats, je suis plutôt du type communautaire! Je te ferais faire ton magazine, mais bénévolement… héhéh
André, merci bien !
Marie-Julie, c’est vrai que parvenir vraiment à l’acceptation de soi c’est un idéal que bien peu atteignent…si même il y en a. Il restera toujours les SPM de l’enfer où on se trouve moche, puis la grande belle ET intelligente qui est placé à côté de nous pour le souper chez les amis, et la fois où on dit une bourde juste quand il ne le fallait pas…. ahhhh vraiment, l’acceptation de soi tous les jours toujours, nah. Mais quand ça passe, ça fait du bien.
Bravo.
Pour ce billet.
J’ai 17 ans, pas encore toutes mes dents, et j’suis pas prête à te dire que je comprends.
Mais je le «feel» ce sentiment de ne pas être parfaite, de ne pas vouloir l’être et surtout de ne pas rentrer dans les «catégories» que la société propose.
Je ne suis ni la rebelle ni la coincée, ni l’artiste ni la scientifique, ni la pitoune ni la négligée, ni l’enviro ni la superficielle.
Je suis un peu de tout ça. & surement plus.
& vivre sa vie. Non celle que les autres veulent te voir vivre. J’y arriverai. Un jour ou l’autre.
Bravo d’y être parvenue. Vraiment.
&; & désolé pour ce long commentaire. Ca ma fait de l’effet ce petit papier.
Je t’invite à visiter ma chronique, ça rejoint beaucoup ce billet!
J’adore ton style d’écriture et je crois que tu aimer ce que je fais!
Passe me voir, tu n’as rien à perdre!